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01 septembre 2026

Se le dire enfin

d'Agnès Ledig 

***+


978-2290253205

Ah oui, tu as raison, c'est du feel-good, et je ne me feel pas mieux pour autant, car malheureusement, ça ne marche pas pour moi. Une vidéo un peu nunuche de chien ou de chaton, ça peut marcher, mais le feel-good, non, désolée, zéro résultat. On s'en tire même bien si je ne suis pas agacée, mais c'est surtout pour l'excellente raison que, normalement, je n'en lis pas. Mais là... erreur à la gare de triage. Ayant lu "Compter les couleurs" et découvrant l'autrice par ce titre, l'ayant aimé et m'étant imaginé que ça allait donner naissance à quelque chose de profond, j'avais enchainé avec celui-ci pour réaliser dès le premier chapitre qu'il y avait maldonne. Têtue (mais je préfère dire persévérante), je suis néanmoins allée jusqu'au bout (d'autant que j'avais déjà annoncé que j'allais le lire). Bon, donc, c'est fait. 

Et donc, conclusion : eh bien, si vous aimez lire des romans feel-good, celui-là a au moins le mérite d'être bien écrit, riche en péripéties et rebondissements et donc tout à fait capable de captiver ses lecteurs d'un bout à l'autre. Ca parle d'amour éternel, de couple qui se forme, de blessures profondes qui cicatrisent, de résilience face à une injustice subie, d'équilibre de la vie et de la mort, de la "vraie" vie proche de la nature (ici, la forêt de Brocéliande) par opposition à la vie citadine artificielle, des façons de gagner sa vie sans la gâcher en même temps, et tout cela est, sinon toujours facile, au moins, toujours possible. Il y a un amusant petit côté pratique, qui est toujours soigneusement sauvegardé. Je parierais qu'Agnès Ledig est une femme qui a les pieds sur terre. A la fin, aucune histoire n'est tout à fait finie mais elles ont toutes (et, mine de rien, elles sont assez nombreuses) été mises sur des rails qui vont dans le bon sens et disposent d'une énergie suffisante pour avancer toutes seules. Alors, bon vent à elles et aux amateurs/trices du genre.

Non, j'ai dit que je ne parlerai pas des situations réduites à un seul de leurs aspects et des psychologies simplifiées.

  512 pages

20 août 2026


Compter les couleurs

d'Agnès Ledig

****

978-2290259092

Opuscule de 90 pages où alternent en brefs chapitres le récit des vies de nos deux personnages garçon – fille, Édouard - Elise, littéralement depuis leur venue au monde. Ils sont tous les deux des êtres plus sensibles que la moyenne (l'hypersensibilité est un thème cher à l'autrice). Édouard écrira "J'avais le sentiment de venir d'une autre planète et d'avoir été catapulté sur celle-ci sans le mode d'emploi de son troupeau d'habitants. Je me heurtais à de superficiels conflits là où j'avais besoin de profondeur paisible. Je m’insurgeais contre des injustices qui ne semblaient gêner personne." Mais quel ado n'a pas éprouvé cela ? Néanmoins, il est effectivement hypersensible.

J'ai aimé l'écriture et la vision du monde qu'elle véhicule. Je découvre Agnès Ledig avec cet ouvrage et je vais enchaîner bien sûr avec "Se le dire enfin". En fait, l'autrice nous l'explique dans la préface, elle a écrit ce livre après "Se le dire enfin" pour ancrer la réalité de ses personnages en leur donnant une vraie vie antérieure à leur rencontre dans son roman. Ouais, ouais, on dit ça. Moi je crois plutôt qu'elle s'était trop attachée à eux et qu'elle n'arrivait pas à se résoudre à les lâcher, à "tourner la page". Si le lecteur est dans le même cas, il sera ravi de l'aubaine. Quoi qu'il en soit, on peut lire "Compter les couleurs" indifféremment avant ou après l'autre. Ce sont deux romans totalement liés, mais autonomes. Dans celui-ci, les chapitres d'Elise (qui a "une âme solide dans un cœur enjoué") sont des pages qu'elle avait écrites à 17 ans, ceux d’Édouard sont celles qu'il a écrites bien plus tard... à 50 ans. J'ai trouvé cette mise en récit originale et intéressante.

Il y a eu une édition qui réunissait en un seul volume "Se le dire enfin" et "Compter les couleurs" (978-2290359174), c'est la meilleure solution, mais malheureusement elle n'est plus éditée et on ne peut la trouver que chez les soldeurs, cependant, elle est trouvable. La preuve, je l'ai achetée après avoir fini cette lecture. Sinon, il faut les acheter séparément et je vois sur Amaz' que les gens râlent parce que c'est trop cher pour si peu de pages ! Comme si c'était une tranche de pâté ! Ils n'ont qu'à faire comme moi et fréquenter les bibliothèques, c'est gratuit. On peut se goinfrer pour pas un sou et est-ce qu'ils s'y précipitent pour autant ?.

Une autrice chez qui je vais aller fouiller un peu.