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01 avril 2026

Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un

de Benjamin Stevenson

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978-2264083241

Merci à mes amies/is blogueuses/eurs littéraires sur les blogs desquels j’ai repéré cet ouvrage assez répandu. Je leur dois une vraiment excellente récréation. Benjamin Stevenson est un Australien qui commence à se faire connaître avec ses best-sellers de whodunit et je n’irai pas jusqu’à dire avec l’éditeur que ça vaut Agatha Christie, mais c’est tout de même très bien fait, et je me suis retrouvée à éteindre la lampe de chevet à des heures pas possibles parce que je n’arrivais pas à interrompre ma lecture, et franchement, cela fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. C’est pourquoi, je lui colle 5 étoiles.

Bien sûr, il y a des défauts, beaucoup même. C’est vrai qu’il y a beaucoup de personnages. Je conseille de prendre quelques notes au début parce qu’après on bascule sur l’un ou l’autre sans rappeler qui ils sont. Je me suis fait un petit arbre généalogique de la famille Cunningham et il m’a bien simplifié la vie, un simple coup d’œil me remettait en situation.

C’est vrai que le style n’est pas vraiment magnifique (bien que le narrateur se présente comme écrivain), mais pour un polar… ça va.

C’est vrai que cette manie qu’il a de faire des apartés et d’annoncer à l’avance ce qui va arriver est plus agaçante qu’autre chose. Je me rends bien compte que c’est pour titiller le lecteur et maintenir son attention en éveil, mais mon attention est déjà en éveil, ça va, merci, et j’ai horreur des grosses ficelles de la manipulation. Ainsi quand dès le prologue, il annonce toutes les pages dans lesquelles on découvrira un cadavre (et il va y en avoir un paquet), je ne sais pas si, avant ou après lecture, vous êtes allé vérifier, mais moi, j’ai préféré sauter le passage. Ça ne m’intéresse pas du tout de savoir ça. Les dix commandements de Ronald Knox affichés en en-tête et auxquels un roman policier ne doit jamais déroger, je les connaissais, et je ne les ai pas relues parce que je me fiche un peu que cela déroge ou non, du moment que je suis scotchée. Mais bon, Stevenson, en apprenti écrivain, y tenait.

Ceci posé, et déploré, reste qu’un gros whodunit dans un hôtel en pleine montagne !! ! C’est imparable. Qui pourrait résister ? Pas moi, en tout cas.

Ce que j’ai bien aimé aussi, c’est le ton légèrement humoristique du récit, un humour un peu noir, du cynisme parfois. Et voilà que faute de vraie police, notre narrateur, entreprend de démasquer le coupable même si tout le monde n’est pas forcément convaincu de ses capacités à le faire.

"Et croisons les doigts pour qu’il n’y ait pas de vrai meurtrier ici, ou nos vie seront entre les mains d’un écrivain. Je suppose qu’on pourrait le tabasser avec un de vos bouquins.

- Ils n’existent qu’en version numérique ai-je bafouillé avant d’ajouter, d’une voix qui tenait plus du couinement ; je suis autoédité.

- Je vois..."

Alors, tous les membres de la famille Cunningham ont-ils vraiment, oui ou non, déjà tué quelqu’un ? Vous n’allez pas tarder à le savoir, mais vous découvrirez aussi que chez eux, l’amour filial ou fraternel est un peu… spécial.

Quand je lis des avis de lecteurs reprochant à ce roman son manque de vraisemblance et ses explications alambiquées, non, mais sérieux, là? Vous attendez vraiment de ce genre d’ouvrage qu’il soit vraisemblable? C’est vraisemblable quand Miss Marple résout toutes les énigmes en tricotant dans son fauteuil ou quand la police découvre un homme assassiné dans une pièce remplie de pendules qui n'y étaient pas avant ? Et quand on vous raconte comment une guêpe morte trouvée dans un avion explique un crime, ce n’est pas alambiqué? La vraisemblance réelle, ce n’est vraiment pas quelque chose que j’attends. Une cohérence interne suffit.

Pour finir, retournons dans notre hôtel (qu’il vaudrait peut-être mieux quitter au plus vite, d’ailleurs)

"Mais nous étions enchaînés par nos propres égos, nos regrets, notre honte et notre entêtement. Il était temps de ravaler tout ça et de partir. D’autant plus que nous sommes à six chapitres de la fin et que le dénouement approche."

Pour ceux que ça intéresse, j’ai activement cherché qui était coupable et j’étais sûre d’avoir trouvé… mais j’avais tort.

A usage récréatif, je conseille à 100 % et je vais également dévorer les deux autres déjà traduits en français. Et j’ai une Bonne nouvelle : Ce titre et le suivant "Tout le monde dans ce train est suspect" sont déjà sortis en poche ce qui les met chacun à moins de 10€.