15 janvier 2026

L'heure bleue

de Paula Hawkins

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978-2266348898

Très bon roman noir, bien qu’un peu long. J’apprends que l’autrice a écrit précédemment « La fille du train » qui a été un best seller, mais je ne l’ai pas lu. Cependant, cela se fera pour peu que l’occasion s’en présente car cette Heure bleue m’a bien plu.

J’ai été capturée dès le premier chapitre présentant une situation originale, et même inédite pour moi, ce qui commence à se faire rare dans le monde du polar. Les auteurs persistent à en rajouter toujours et encore dans le degré d’horreur ou de sadisme mais pour ce qui est d’inventer un truc nouveau, il n’y a plus personne. Donc, pas de gore, horreur ou de sadisme ici mais quand même plusieurs décès regrettables ou au moins prématurés. Ce roman a pour seconde qualité à mes yeux de se passer dans le monde de l’art. Cela ajoute de l’intérêt pour moi.

Donc, voilà, alors qu’il visite tranquillement une exposition de l’artiste renommée Vanessa Chapman maintenant décédée, un médecin remarque qu’une de ses « installations » dans un cube de verre, comportant des éléments divers, pour la plupart glanés, contient justement un os et qu’il en est sûr, cet os est humain. Homme de devoir, il signale le fait à l’organisateur de l’exposition qui consulte d’autres médecins et, devant leurs avis convergents, alerte la police et les ayant droits de l’artiste car, pour étudier cet os, il faut abîmer l’œuvre, or, un Chapman, c’est très cher. L’incident, tout comme antérieurement l'héritage, va amener les personnalités à se révéler.

Nous poursuivons sur cette lancée, faisons connaissance des proches de l’artiste et examinons le cours de sa vie à elle, isolée sur une île avec la seule compagnie d’une amie de toujours car Vanessa n’a pas eu d’enfant et son mari, coureur casse-cou porté disparu depuis bien longtemps est sans doute mort n’importe où dans le monde, dans une de ses aventures exagérées.

Comme je l’ai déjà dit, j’ai bien aimé ce roman. L’auteure nous fait découvrir la personnalité des personnages principaux avec art, sans jamais donner l’impression de nous expliquer les choses. Elle nous montre des scènes et nous comprenons qui et ce qu’ils sont. Le lecteur piégé se demande à qui est cet os, s'il y a un assassin, cherche à comprendre certaines choses obscures... C’est parfaitement maîtrisé et la fin ne déçoit pas.




11 janvier 2026


Le démon de Mamie 

ou la sénescence enchantée

de Florence Cestac

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978-2205212280

Démarrage un peu difficile avec cette BD parce que je n’appréciais pas trop le dessin (les visages), les gros nez, tout ça… un graphisme que j’estimais « brutal ». C’était mon premier Cestac. Mais je me suis lancée quand même parce que le thème m’amusait, et puis le graphisme, je m’y suis faite et ce, d’autant plus facilement que je me retrouvais dans un humour qui me convenait tout à fait. Cet album m’a souvent fait rire et, chacun le sait, quand on rit, c’est qu’on est séduit. A la fin, j’aimais même bien les dessins. Les gros nez, on s’y habitue quand le scenario est bon. Comme quoi, on est souvent rebuté par ce qui est nouveau et une fois, familiarisé, on voit les charmes/avantages/ qualités (selon le contexte).

Cet album - dont je n’ai pas bien compris le titre (ça démarrait fort). Les démons, j'aurais compris, mais le démon... non.– illustre ce qu’est une vie de Mamie, depuis la naissance des merveilleux petits enfants, les méthodes de soin puis d’éducation différentes de celles qu’on pratiquait de son temps, le rôle de baby-sitter, les galères de la garde d’enfants, 

la retraite, l’âge merveilleux où on s’occupe à la fois des vieux parents et des jeunes petits-enfants, les loisirs et occupations, les copines, la mise à l’écart, le corps qui fout le camp, la santé aussi, les disparitions (relatives, des enfants ou définitives d’amis/es), les derniers coups de cœur, l’animal de compagnie, la maison de retraite… la fin. Tant d’occasions de rire, vous vous en doutez bien. Si, si.


Bien placée pour en juger, je peux vous dire que le regard de Florence Cestac tape juste et son humour touche exactement où ça grattouille. Il y a des scènes qu’on a vécues ou que des copines nous ont racontées. On s’y retrouve, c’est nous, ça ! Sacrées mamies ! Je crois que personne ne les comprend en dehors du groupe des mamies. Alors merci à l’auteure de nous rappeler qu’on n’est pas toute seule, il y en a toute une génération, des comme nous, et on ira jusqu’au bout ! Coûte que coûte, et le sourire aux lèvres. Merci Florence !

07 janvier 2026

Journal d'un AssaSynth T6

Télémétrie fugitive

de Martha Wells

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979-1036000843

Situons d’abord un petit peu : Après avoir été séduite par le tome 1, j’ai successivement avalé les tomes 2,3 et 4 faisant tous dans les 200 pages ou moins. Mais arrivée là, je me suis heurtée aux 416 pages du tome 5. Or, autant j’aime bien m’accorder une petite récréation avec notre androïde préféré, autant je ne me voyais pas consacrer autant de temps à ce genre de lecture. Comme chaque tome correspond à une histoire à peu près complète, je n’ai pas hésité trop longtemps et je suis passée directement au tome 6. Évidemment, du 4 au 6, les relations entre les personnages et leurs positions dans leur monde ont changé mais je n’ai pas eu trop de mal à m’adapter. Je lirai peut-être le tome 5 un jour, mais pas pour l’instant.

Ici, on a à peu près un whodunit : un cadavre est trouvé au milieu d’un carrefour d’une station spatiale très pacifique où se trouvent Assasynth, Mensah et son équipe. C’est un endroit tellement «sûr» qu’il n’y a même pas de vidéo surveillance. Quant au mort, personne ne sait qui il est. Assasnth, quant à lui, n’est pas très bien accepté par la station. Il est toléré car Mensah l’exige, mais, entre l’humain et le robot, il n’a pas vraiment de statut. De plus, il fait peur (il y a de quoi). Si bien qu’il est tout de suite suspecté mais peut rapidement prouver son innocence. Il propose son aide pour l’enquête mais ils sont très réticents… Dans cet opus, Les humains vont devoir surmonter leur méfiance et leurs inquiétudes face à l’androïde, mais lui aussi va devoir accepter le travail d’équipe, et en découvrir les avantages.

Concernant ce tome 6, tout d'abord, j'ai eu l'impression que l'écriture s'était beaucoup relâchée. Ça n'a jamais été de la grande littérature mais quand même, il m'a semblé que le niveau avait baissé. Je me suis même demandé si on avait changé de traducteur, mais apparemment, non. Evolution regrettable.

Pour le récit, petite impression d’essoufflement. Comme si on avait à peu près tiré tout ce qu’on pouvait tirer du concept de base, et c’est peut-être le cas. Dans un sens cet opus 6 est réussi parce qu’on retrouve tout ce qu’on a toujours aimé dans cette série et parce que l’intrigue est bien trouvée et qu’on ne la voit pas venir. Mais par ailleurs, c’est moins passionnant parce que chacun est installé dans son rôle et il n’y a plus de surprise bouleversante. Reste une intrigue policière classique: un mort, qui l'a tué, comment, pourquoi? Il y a un tome 7 mais les infos que j’en ai me laissent un peu dubitative, déjà, on ne suit plus l’ordre chronologique. Il est donné comme «histoire qui se passe à la fin de Stratégie de sortie», soit comme un tome 4+. Faut voir… mais plus tard.


  144 pages

05 janvier 2026

Mon challenge ABC 2026

En quoi cela consiste-t-il?  C'est simple: lire tout au long de l'année, faire les billets et relever un lien par nom d'auteur de chaque lettre de l'alphabet. Le but est d'avoir rempli l'alphabet avant le 31 décembre 2026.

Si vous en faites un aussi, on peut échanger nos liens et suivre nos progrès pour nous encourager mutuellement. Dites-le moi. Nous échangerons nos liens. Ça sera sympa.


A -

B –

C – Claudel Philippe « Wanted »  

D -

E - 

F - 

G - 

H – Hawkins Paula « L'heure bleue » 

J - 

K - 

L - 

M - 

N - 

O -

P -

Q -

R -

S -

T - 

U - 

V -

W – Wells Martha "Télémétrie fugitive"   

X -

Y -

Z -

03 janvier 2026

Wanted 

de Philippe Claudel

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978-2234099913

Paru au printemps 2025, ce court roman de politique fiction n’a pas beaucoup plu, eh bien moi, je l’ai bien aimé. Je crois qu’il doit son désamour au fait que ce soit de l’uchronie immédiate (ça se passerait maintenant), au fait que ça soit tellement proche de la réalité (un poil à peine nous en sépare) et au fait que ça soit si terriblement pessimiste. Mais pour moi, ces trois caractéristiques dont je pense qu’elles ont bloqué les foules et leur enthousiasme, ne sont même pas des défauts.

Mais d’abord, rappelons le scenario. Nous sommes dans le bureau ovale de la maison Blanche. Trump et Musk, encore copains comme cochons, y vont de leur petit spectacle habituel, c’est pour une conférence de presse. Tout à coup, l’homme le plus riche du monde, annonce qu’il va régler une bonne fois pour toutes tous les problèmes politiques mondiaux de la façon la plus simple qu’il soit, il met la tête de Vladimir Poutine à prix et offre une récompense de 1 000 000 000 de dollars. Vous avez bien compté les zéros, un milliard. Pfoou ! C’est beaucoup, quand même. Mais, comme il en a les moyens et qu’il fait cette déclaration devant la presse, dans le bureau ovale, en présence de l’homme le plus puissant du monde, son ami, qui ne manifeste aucune opposition… Il n’y a plus qu’à la prendre au sérieux, aussi abracadabrante soit-elle.

Et l’affaire suit son cours, avec le succès qu’on peut deviner, sous les yeux du monde ébahi, réduit au rôle de simple témoin.

Philippe Claudel déroule sa fable et développe son raisonnement. Il montre en quelques pages que la capacité de nuisance de Trump est bien plus importante que nous ne l’admettons officiellement. Le monde civilisé réagit par le sarcasme, l’ironie et la moquerie à ses actions. On le sous-estime à cause de sa bêtise, mais il ne faut pas oublier que la plus profonde stupidité n’empêche pas d’être extrêmement dangereux. La violence a courte vue peut être dévastatrice. Et même, elle est bien plus aisément dévastatrice que porteuse d’avenir.

Ce que Claudel montre aussi, c’est que les résultats sont là. La « technique » Trump marche dans une certaine mesure (ça aussi, c’est une chose que nous n’aimons pas regarder), mais elle suppose un renversement de la table de jeu et des règles de ce jeu. La première étant devenue justement qu’il n’y a plus de règle. Jusqu’à présent, on faisait plus ou moins semblant, politesse, diplomatie, accord à respecter, conventions etc. C’est fini. Tous les coups sont permis, on ne se cache même plus, seul le résultat compte. Bref, on est mentalement revenus à la néandertalienne loi du plus fort. Et Trump y joue et y fait jouer les autres parce qu’il est sûr de gagner. Claudel semble penser comme lui, mais ont-ils raison ? Les survivants nous le diront.

Je conseille vivement.


PS : Je m’engage à ne plus jamais utiliser "Amérique" ou "Américain" pour désigner l’Amérique du Nord et les nord-américains. J’y ai toujours répugné mais je le faisais parfois pour aller plus vite. Cependant, Orwell nous l’a assez répété, les mots ont un sens et c’était une erreur et elle a un prix.


140 pages


01 janvier 2026

J'ai participé à plusieurs challenges en 2025, mais ne les avais pas notés. Ce serait trop long de les rechercher maintenant pour en parler ici. J'essaierai de faire mieux l'an prochain.

Il reste mes deux challenges qui courent sur toute une année:

J'ai fini (de justesse) mon Challenge ABC (Clic!)   (challenge individuel)

et

J'ai rempli 6 lignes dans le Petit Bac (challenge collectif). Si vous voulez faire celui de 2026 inscrivez vous vite il y a une date limite. 

J'estime que les challenges sont bons pour les lecteurs car ils nous font quitter notre routine et même parfois notre zone de confort. Ils élargissent notre horizon en nous obligeant à lire des œuvres vers lesquelles on ne serait pas allés naturellement. Je referai ces deux-là en 2026 et d'autres encore, que je choisirai parmi ceux-là

Pour ce qui est du présent, j'anime les Gravillons de l'hiver (en attendant les Pavés de l'été) Rejoignez nous !

Je participe aussi aux excellents challenges Hiver Polar de Je lis, je blogue



et ‭ « North American Year 3 » de La belette