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23 juillet 2026


Cerveaux augmentés (humanité diminuée ?)

de Miguel Benasayag et Thierry Murat

***+


978-2413048220

Depuis le temps que je vous dis du bien des album de la collection Découverte- Delcourt, il fallait bien que je rencontre un album qui me conviendrait moins. C'est chose faite. Ça s’appelle "Cerveaux augmentés (Humanité diminuée?)" Tout est dans le point d'interrogation : l'art douteux de dire les choses sans les dire, tout en les disant... Bref, c'est de ma faute, j'avais mal compris le titre. Je pensais qu'on allait parler de l'IA et en fait, oui... mais non. On va tout d'abord parler du mode de fonctionnement du cerveau et de la pensée humaine. Le fonctionnement de notre intelligence à nous, humains. Ensuite seulement, on comparera avec le fonctionnement des ordinateurs pour voir s'ils sont du même ordre (réponse non) et s'ils sont compatibles (réponse faut voir). Le volume est d'un niveau assez soutenu avec le petit problème que tous les mots ne sont pas toujours expliqués, alors demander à l'IA de nous expliquer un mot pour lire un commentaire humain... 😄 charme du paradoxe. Par exemple à un moment, il se met à parler des métavers et je ne savais pas ce que c'était. Mais peut-être ne dois-je m'en prendre qu'à mon ignorance mais donc, internet y a remédié, me rappelant que j'étais souvent bien contente de le trouver.

Cet album est présenté comme "le prolongement de l'ouvrage de Miguel Bensayag" du même titre. Miguel Benasayag est un philosophe, psychanalyste, chercheur en épistémologie franco-argentin. "Ses recherches tournent, depuis plus de vingt ans, sur les conséquences de la révolution digitale et les phénomènes d'hybridation avec le vivant, et se penchent particulièrement sur les processus de colonisation techno-scientifique de la vie" (Wikipedia) Thierry Murat , est un auteur de bande dessinée. Je pensais donc que Thierry Murat avait ici illustré l'ouvrage de M. Benasayag pour le rendre plus facile d’accès. Mais ce n'est pas exactement cela. M. Murat a voulu "prolonger" l'ouvrage du philosophe en collaboration avec lui, mais ça n'a pas été clair au début pour la lectrice que je suis. Je me demandais qui parlait et avec quelle autorité. Et vraiment, ce n'est pas évident.

D'abord, on "perd" les 20 premières pages à attendre que les deux protagonistes parviennent à communiquer. Bon, ça a peut-être été long et pas simple, pour des raisons de géographie ou d'emploi du temps, mais moi, ça, ça ne m'intéresse pas du tout. Tout ça pour finalement communiquer par des moyens virtuels ! Je n'ai absolument pas compris ce démarrage, ni les deux pages en plein milieu pour nous raconter qu'il prend le train, ni les diverses digressions, les films qu'il regarde, les élections... On s'éparpille. Heureusement, tout de suite après, on passe à des choses plus captivantes comme la perception, l'aperception et la connaissance. Ça m'a un peu consolée. Et j'ai rencontré quelques notions nouvelles pour moi et très intéressantes, par exemple que l'irruption de l'informatique dans notre vie équivaut à une révolution de l'ordre de l'invention de l'écriture. Cette remarque m'a frappée par sa justesse et par tout ce qu'elle impliquait. Plus on avance dans le livre, plus c'est intéressant mais je n'ai jamais pu adhérer totalement au traitement. Je n'ai pas aimé le graphisme. T. Murat a poussé à l’extrême ce que je n'aime déjà pas trop dans ses BD habituelles. Il y a aussi des projections ici ou là de citations en latin sans aucun rapport avec ce qui est dit (pas compris le but de la manœuvre).

Tout ça pour finir par se laisser séduire par une IA de dessin... Je ne conteste pas leur charme, au contraire, mais faudrait savoir ce qu'on veut. Après presque 200 pages à critiquer l'IA, ça surprend. Surtout de la part d'un dessinateur.

Bref, cet album m'a intéressée mais ma position n'a pas changé. Pour moi, l'IA est, comme l'argent "un bon serviteur et un mauvais maître", mais saurons nous le maintenir à sa place ?