Plus noir que noir
de Stephen King
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978-2226493101
Titre original "You Like It Darker "
Dernier recueil de nouvelles de Stephen King en date. Elles sont douze, (eh oui, pas treize, mais il paraît que l'édition étasunienne au format poche en contient treize. En sera-t-il de même chez nous ? Encore un suspens). C'est vraiment un bouquet hétéroclite que le Maître nous offre-là. Il y a du court et du long, et même parfois si long qu'on aurait pu l'éditer seul comme novela (Le mauvais rêve de Danny Coughlin ou Serpents à sonnette), et différents formats intermédiaires. Il y a du tendre et du féroce. Il y a du terrible mais rationnel, mais aussi de l’irrationnel, magique ou même carrément l’intervention de petits hommes verts... Rien n'est impossible.
Ça commence par une nouvelle assez longue : "Deux crapules pleines de talent" où deux amis d'enfance sont devenus subitement célèbres en même temps, l'un comme peintre, l'autre comme romancier, à plus de 40 ans. C'est bizarre, non? Oui, ça l’est.
Les récits qui suivront nous amèneront à nous demander si les maladies mentales sont contagieuses (écran rouge), ou alors, héréditaires ("Willie le Tordu"). Et le courage (Slide inn road )? Le courage ou les troubles psychiatriques sautent parfois une génération. C'est ce que nous découvrons.
Ces récits nous amèneront aussi à nous demander si la poisse existe (Finn), et les dons ? Certains ont ils un don spécial, que ce soit en permanence ou par périodes ?
"La Cinquième Étape" m’a curieusement fait penser à un sketch de Fernand Raynaud où il disait "Si quelqu’un vous demande -Est-ce que tu veux que je te parle franchement ?; Répondez-lui, -Non, non, continue à me parler comme auparavant." Il avait raison. Faut faire attention quand les gens s'épanchent.
Il y a même le classique savant fou (Les Rêveurs) bien réussi. Et le long mais captivant "Mauvais Rêve de Danny Coughlin" m’a fait penser que Danny Coughlin est sûrement un chic type, mais qu’à sa place, je n'aurais rien dit à personne. Parfois, faut savoir se taire dans la vie. Evidemment, s’il l’avait fait, nous n’aurions pas eu d’histoire à dévorer ni cet hallucinant policier flippant, mais réaliste, à détester.
Nous rencontrerons aussi le "Spécialiste des turbulences" qui est une très curieuse histoire assez courte, qu'on ne comprend vraiment qu'à la fin. Idée très originale. C’est peut-être ma préférée du recueil avec "L'Homme aux Réponses", bien qu’il soit difficile de choisir quand les éléments sont si différents.
Et enfin, parce que tout n’est pas que stress dans la vie, King laisse parler son amour des chiens dans Laurie. Parfois, la vie des gens est en danger pour des raisons qui n’ont rien de spectaculaire, et les sauveurs ont quatre pattes…
Coup de patte de l'artiste, l'auteur nous offre même un clin d’œil appuyé à Cujo. C'est dans "Serpents à sonnette", et pourtant, il n'y a pas de chien dans cette histoire-là.
Le grand art de King, c'est toujours son talent pour donner vie à ses personnages. Ils sont vraiment là. Réels. On y croit, ils ont chair, âme (tordue ou droite) et épaisseur. Il n'y a pas que les histoires (fabuleuses), chez King. J'attribue 50% de la valeur de ses récits à sa capacité à donner vie à des personnages auxquels on croit. Quand l'histoire est terminée et le livre fermé, on a l'impression qu'ils sont toujours là (les survivants du moins) à poursuivre leur existence dans leur monde. C'est ça qui fait de lui un grand.
Conclusion, un échantillonnage très varié des différentes facettes du King qui montre qu’il a encore bien des idées. Pas un super chef-d’œuvre, mais à mon avis, les recueils de nouvelles ne le sont jamais. Cependant les aficionados y trouveront bien leur compte.
624 pages

























