Le puits, la corde et le seau
de Paul Vance
Paul Andréota
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978-2702405895
Le Masque n° 1467
J’ai décidé d’aller pêcher un peu dans la Collection Le
Masque, excellente collection de romans policiers, qui a
cessé de vivre il y a une quinzaine d’année. Je le fais parce que
j’ai remarqué que le label de cette collection garantit tout de
même un niveau de langue satisfaisant et une intrigue au moins
correcte (et souvent plus). Donc, allons-y ! Comme je viens de
le dire, la collection d'origine ne produit plus depuis 2012 mais sachant
qu’elle compte 2540 titres et la saison des vide-greniers arrivant,
je pense que je vais avoir l’occasion de m’approvisionner.
Paul Vance, alias Paul Andréota a publié beaucoup de romans et
scénarios, mais chez Le Masque, il n’a publié que deux romans,
tous deux en 1977. Leur héros récurrent est le Commissaire
Baratier,
• Le Puits, la Corde et le Seau
• Échec à l'innocence
Série courtissime donc. N’ayant pas lu le second, je ne sais pas
si ce pauvre commissaire s’est fait descendre ou a rencontré
quelque autre empêchement majeur, ou si la raison est à chercher
ailleurs.
Parlons-en de ce Commissaire Baratier, échantillon primitif de ce
qu’on appelle maintenant HPI, il a fait d’abord de très
brillantes études, s’est ennuyé dans ses débuts de «belle
carrière», a tout plaqué et s’est retrouvé flic, branche qui
lui a semblé moins ennuyeuse et où ses capacités intellectuelles
lui ont permis de passer concours et échelons hiérarchiques à la
vitesse grand V. Il a les cheveux longs, un look plutôt hippy (voir
l’époque), étonne ses collègues qui ne raffolent pas de lui,
mais a le soutien de sa hiérarchie qui veut bien fermer les yeux sur
les détails au vu des résultats. Vous allez me dire, « un
flic plutôt sympathique, quoi » Eh bien, pas tant que ça à
mes yeux, encore un qui supporte mal le regard du 21èùe siècle.
Bien loin de s’en douter lui-même (il se verrait plutôt comme un
séducteur cool), notre commissaire est un macho qui va un peu
écœurer son lectorat moderne en n’hésitant pas à secouer comme
un prunier une témoin qui ne lui répond pas assez vite, ou à
passer sa mauvaise humeur sur sa compagne qui s’épuise à le
distraire quand il rentre chez lui contrarié. Bref non, Baratier,
vous n’avez rien d’un doux philosophe. Il y a un peu d'humour
dans certains dialogues, mais ça ne va pas suffire.
Le commissaire et son adjoint, sont chargés de résoudre un mystère
inexplicable : le riche mécène d’une secte meurt enseveli
par l’effondrement d’une voûte médiévale de son manoir alors
qu’il rejoignait le gourou et les autres membres pour la
méditation. Pour une raison qui ne m’a pas parue claire, le
supérieur de Baratier est persuadé qu’il y a quelque chose de
louche dans ce décès, mais impossible de savoir comment l’assassin
s’y est pris, si assassin il y a (d’autant que le décès du type
n’arrange apparemment personne). Tous les autres membres de la
secte étaient réunis dans une même salle un peu éloignée, aucune
machinerie ni sabotage n’est visible, ni envisageable, car une clé
de voûte faisait tenir la construction de pierre, et tout le monde
vous dira que c’est un système qui a fait ses preuves. Voilà
notre commissaire envoyé sur place avec son gros QI pour s’assurer
qu’il n’y a pas de truc ou comprendre lequel.
Pour tout arranger, Baratier est réellement subjugué par le
gourou ! ...
Bilan, ce qui est intéressant dans ce roman, c’est de découvrir
le modus operandi. J’ai passé tout mon temps à essayer de deviner
comment il avait bien pu faire et non à chercher le coupable. Et
tant mieux pour moi d’ailleurs, parce qu’en fin de compte, on
découvre que le coupable est X, mais je n'aurais jamais trouvé. C’est du moins l’impression que j’ai eue. Mais le
truc pour la voûte, je ne l’avais pas trouvé (bien que je doute
de son réalisme) et je ne regrette donc pas ma lecture.
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