Une éducation orientale
de Charles Berberian
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Sans doute plutôt moyen-orientale.
Comme nous prévient la quatrième de couverture, "Il n'est sans doute pas facile de se définir lorsqu'on est né à Bagdad d'une mère d'origine grecque et d'un père arménien, et qu'on a grandi à Beyrouth jusqu'à l'âge de 10 ans, juste avant que n'éclate la guerre civile au Liban."
En effet, aussi, plutôt que de se définir, Charles Berberian a-t-il choisi de se raconter.
Paris, le confinement, il est dessinateur et il travaille sur l’illustration d’un livre. Le confinement lui donne beaucoup de temps pour travailler tranquillement mais fait également remonter des souvenirs d’enfance, d’autres confinements, quand enfant, à Beyrouth, les débuts chaotiques de la guerre civile obligeaient toute la famille à se réfugier dans un couloir au centre de l’appartement et à ne pas en bouger.
Il nous raconte ainsi sa vie dans une famille aisée et unie mais constamment bouleversée par la situation instable et inflammable du pays. Il s’est toujours vu comme un dessinateur et sa vocation n’a pas été contrecarrée mais autour de lui, c’est le chaos, l’incertitude et les déménagement incessants.
Le récit n’est pas linéaire mais fait des bonds au fil des souvenirs des années 70, 2005 et actuellement, avec des comparaisons. C’est un témoignage. Nous pouvons essayer de comprendre la complexe évolution politique de la région à travers cette histoire mais le
J’ai aimé les portraits affectueux de sa grand-mère chez qui il a vécu six ans de son enfance (guerre oblige) et de son grand frère Alain Berberian qui deviendra lui, réalisateur et scénariste, et la façon qu’a cette famille de s’adapter à tout sans perdre son temps à se plaindre ou à haïr.
Du point de vue graphique, ce que j’ai adoré, c’est que, loin de chercher l’homogénéité, l’auteur a, au fil de son inspiration, utilisé un tas de techniques graphiques différentes. Cela donne une belle liberté d’expression. Vraiment, j’ai apprécié ça.
























