Nos vies désaccordées
de Gaëlle Josse
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978-2290059920
Ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé! Voilà un livre que je n'ai pas aimé. Je ne tiens pas spécialement à le descendre (il n'a pas besoin de moi) mais je fais une fiche sur toutes mes lectures et je vais essayer de dire ce que je lui reproche.
L'histoire d'abord. Un pianiste virtuose à succès rencontre l'amour de sa vie et qui plus est, en est aimé. Mais elle est un peu instable psychologiquement aussi, quand elle traverse un drame, elle ne parvient pas à gérer. Le pianiste, emporté par une tournée à succès n'est pas là pour l’épauler et elle s'effondre. Quand il revient, elle est introuvable. Des années plus tard, il la cherche toujours. etc. etc.
J'avais l'impression d'avoir déjà lu une histoire un peu comme cela, mais je n'ai pas réussi à mettre un nom dessus, alors passons. Que ce soit un fait ou juste une impression, l'histoire ne surprend pas. Elle semble même convenue, comme son évolution.
L'écriture aussi, je l'ai trouvée plate et sans recherche; sans charme également. Pour vous donner une idée du niveau littéraire, voici un extrait.
"Allons, je ne vais pas faire semblant d'être victime de ma réussite, ni de l'argent qui me donne le luxe de ne pas penser au lendemain. Mais le talent est une chose, la chance en est une autre et leur rencontre aléatoire. Le succès appelle le succès, et la gloire va à la gloire. Je suis devenu une valeur artistique et économique fiable, un gage de qualité. Les agents, les directeurs de salles et de festivals, les maisons de disques s'appuient sur une poignée de noms qui remplissent les salles. C'est plus une question de chance que de justice., et je me trouve maintenant du bon côté de la rue, c'est tout. Je ne prétends pas faire pleurer, mais il faut des nerfs solides et une bonne santé pour exercer ce métier."
Comment reprendre son souffle après une telle avalanche de lieux communs et de platitudes?
Bref, l'histoire avance peu à peu vers sa fin évidente et sans intérêt elle non plus. Le narrateur est un fat antipathique, même quand il souffre et se repent, on ne s'en émeut guère. Comme de son côté, la pauvre âme désaccordée est mutique et qu'on ne la voit pratiquement pas, l'empathie peine à s'installer (euphémisme).
Quelques pensées profondes, mais malheureusement fausses à mon sens "l'ennui réside dans une absence d'attente, de tension, de désir". Non, ça, ce serait plutôt la sérénité. L'ennui c'est quand on ne parvient pas à occuper son esprit.
Les amours de Schumann et de Clara sont évoquées au passage pour le vernis culturel. Un parallèle est établi entre leur histoire et celle de nos héros.
Bon. Je suis allée jusqu'au bout parce que c'est très court (122 pages) et j'ai trouvé que la dernière partie s'améliorait un peu.
Par contre, je me souviens d'avoir aimé, lu il y a longtemps, "Le dernier gardien d'Ellis Island" que Gaëlle Josse a publié deux ans plus tard. Comme quoi, il ne faut pas désespérer.
PS: pour info, plein de gens ont adoré ou aimé ce livre.
Clic ! Schumann Fantasiestücke op. 12


























