Résistances queer
d' Antoine Idier
Dessins : Philippe Pochep
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978-2413048596
J'ai pris cet album tout d'abord parce que j'aime bien cette collection "Découvertes - Delcourt" qui m'apporte un vernis de connaissances dans des domaines variés, et ensuite parce que je m’emmêle un peu dans les lettres du célèbre acronyme et parce je ne refuserais pas une définition claire du mot "queer". Mais évidemment, ce qui est complexe n'est pas simple, alors pour la définition simple... enfin bref.
Si le titre fait penser à l'histoire la plus récente des mouvements LGBTQI+, c'est bien l’historique complet du mouvement de manifestation, puis de revendication, qui est examiné en détail, depuis ses débuts et pas seulement la dernière période. Mais je comprends bien que l'éditeur préfère "Résistances Queer" qui accroche le chaland simple curieux à "Histoire des mouvements revendicatifs homosexuels". Ceci étant dit, l'album (144 pages) est agréable à lire et plein d'enseignement. Les dessins de Pochep sont plaisants, vifs et naturels. Pour donner vie à l'évocation des faits dans leur chronologie qui aurait pu être rébarbative, il a mis en scène trois personnages principaux (et un chat, qui fait un peu office de bâton de parole ou de boule antistress). Les personnages sont deux jeunes gays qui viennent de se rencontrer dans le quartier du Marais grâce à une appli de rencontres homo et un homosexuel vieillissant qui va croiser leur chemin et qui va entreprendre de leur raconter toute l'histoire du mouvement homosexuel. Il les invite chez lui (en échange, ils lui montent ses paquets) et entreprend de leur raconter toute l'histoire, un verre à la main, et même plusieurs. C'est un spécialiste, il a même monté un musée des mouvements homosexuels Et tout de suite, il est question de mots. Nommer, c'est faire exister mais c'est aussi cerner. Ce qui n'a pas de nom n'existe pas vraiment, on ne peut pas réfléchir dessus, mais ce qui en a un est défini par ses limites. Il y a ce qui est lui, "lesbienne" par exemple et ce qui ne l'est pas. Mais une fois qu'on a ouvert le cadenas des conduites normées, et invité chacun a suivre sa pente la plus naturelle, ça part dans tous les sens. Et chaque orientation différente a de même besoin d'un nom pour exister et est limité à ce que désigne exactement ce nom. Et ce, dans le meilleur des cas. Je veux dire, si ne s'y accole aucune hiérarchie ou jugement de valeur, comme aiment à en établir les "sachants", médecins, psy, etc.
Ce qui explique que l'acronyme ait accumulé les lettres Lesbiennes, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexe et finalement + pour indiquer que la liste n'est pas close. Queer, finalement, si j'ai bien compris, désigne toute personne non hétéro. Les mots sont importants, mais une fois la chose bien établie, on peut être moins pointilleux, surtout que les frontières sont poreuses.
Donc : "+", parce que sinon :
N'oublions pas que ce n'est qu'en 1982 (il y a moins de 50 ans!), avec R. Badinter, qu'est passée la loi dépénalisant l'homosexualité.
Bilan : un album bien fait, et très instructif, que je conseille à tous, hétéros ou non.
PS : un titre emblématique du mouvement gay est évoqué : "You make me feel mighty real" J'aime l’interprétation de Jimmy Somerville.
PPS : Et il y a des clins d'œil, aussi: Qui je vois à la manif???




























