Marc
de Benjamin Stock
****+
978-2385061586
David, le narrateur, nous confie son histoire sur un ton le plus souvent léger, peut-être humoristique, mais je me suis parfois demandé si le comique était volontaire. Je pense en particulier à sa description de la nouvelle employée lorsqu'il la voit pour la première fois. Si on vous dit que vous avez des jambes "idéalement proportionnées, mais luxuriantes si prises à part", que vous avez "des joues pleines et prolongées par une bouche large formant presque un mufle de brebis", sans parler des "yeux surprenants, clairs mais presque jaunes" révélés trois pages plus loin, prendrez-vous cela pour un compliment ? On était encore au début du livre et je commençais à me dire que ce nouvel écrivain ferait peut-être mieux de ne pas multiplier les descriptions de personnages... et pour répondre à la question, oui, c'étaient des compliments.
Bref, notre David a rencontré un succès fou en créant sa première société à la pointe de ce qui se fait, et dont il dit lui qu'il ne sait plus trop bien ce qu'elle produit à part des études, des réunions, des brain storming, des ateliers de réflexion, des dossiers etc. Mais en tout cas, tout cela est hyper branché et très cher. On a toutefois un peu l'impression que le jeu consiste plus à mimer un travail sérieux et fiévreux qu'à le fournir. "La Share Academy n'était qu'un miroir embellissant, un divertissement parmi les autres,entretenu par des fonds d'investissement, des subsides publics et la complicité de multinationales payant payant pour ces "services" inutiles". Donc, David règne sur tout cela en s'ennuyant quelque peu puisque "personne (lui non plus) ne savait son rôle exact". Sa vie personnelle est de la même eau. Heureusement que la "brebis" dont je vous parlais plus haut va venir apporter un peu de piment à son existence en lui révélant l'existence d'un gigantesque complot dont la clé serait Marc (Lévy) !!! David n'en croit pas ses oreilles mais comme malheureusement, tout comme moi, il n'a jamais lu l'auteur de best seller, il ne peut guère suivre celle qu'il veut séduire dans l'initiation qu'elle lui propose. Aussi commence-t-il à lire Marc ! (sous le manteau, il ne tient pas à ce qu'on se fiche de lui) et voilà que cela lui plaît ! Beaucoup, même. Il découvre ensuite la très élitiste Fabian Society et réalise à quel point ce complot mondial est réel.
Et s'ajoute à cela, l'étrange et perturbant incident du non moins étrange garçon de café, et notre David, entreprend une thèse sur Sartre... qui évoluera sournoisement en thèse sur Marc.
Et tout continue à partir en vrille ainsi, prenant comme vous le voyez une tournure tout à fait hallucinante (à un point que vous n'imaginez pas) pour aboutir à un final à tout casser que vous n'aurez sûrement pas vu venir.
Je ne mettrai pas 5 étoiles parce qu'il y a deux-trois petites erreurs qui m'ont chiffonnée, mais allons-y pour 4 ½ pour l'originalité et l'inventivité de l'histoire.
En conclusion
"Il tira vers eux le journal humide qui gisait sur le comptoir. Visages de scientifiques en pleurs sur la couverture ; le GIEC publiait un nouveau rapport inaudible. Ailleurs on apprenait qu'en deux ans, les milliardaires avaient doublé leurs richesses – assez pour financer l'adaptation au changement climatique, la protection sociale et la santé dans le onde entier. Page 2, les ministres dénonçaient la montée des populismes"
Tu m'étonnes...


























