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28 octobre 2024

L'été de cristal

de Philip Kerr

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Quatrième de couverture :

«Vétéran du front turc, ancien de la police, Bernie Gunther, trente-huit ans, est devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Berme ne se plaint pas. Les disparitions sont monnaie courante à Berlin, en 1936, et il ne manque pas de clients... Mais aujourd'hui, Hermann Six, le puissant industriel qui engage Bernie, ne cherche pas à trouver sa fille : celle-ci a été assassinée chez elle, ainsi que son mari. Non, ce qui intéresse Herr Six, ce sont les bijoux qui ont disparu du coffre-fort... 

A la veille des Jeux Olympiques, tandis que les S.A. se chargent de rendre la ville « accueillante » aux touristes attendus, Bernie se met en chasse. Et cet été-là, l'ordre nouveau qui règne sur l'Allemagne va se charger de faire voler en éclats le peu d'illusions qui lui reste... »


Ce premier roman de la Trilogie berlinoise qui n'allait pas tarder à compter bien plus de trois tomes, est une relecture pour moi. Je l'avais déjà dévoré à sa sortie en 1993. 1993! Bon sang! Cela ne me rajeunit pas. Passons. J'aime bien les relectures. J'aime comparer mes impressions actuelles à mes souvenirs. Quand j'en ai, car certains livres s'effacent complètement. Mais ce n'était pas le cas ici et je me souvenais assez bien de ma première rencontre avec Bernhard Gunther.

Le roman en lui même m'avait impressionnée. Placer les aventures d'un détective privé à Berlin à cette époque et avec ces protagonistes (Goering, Himmler)! A ma connaissance, Philip Kerr était le premier à le faire. J'avais tout de suite accroché. J'avais admiré la fermeté, la précision et l'assurance du socle documentaire. Et l'audace! Envoyer son héros mener son enquête à Dachau. Fallait oser. J'avais aimé Bernie, sa stabilité, sa façon de subir l'omniprésence croissante de cette peste brune comme ont dû le faire bon nombre de Berlinois. Sans compter que l'histoire était bien trouvée, bien menée et suffisamment mystérieuse pour captiver son lecteur.

Alors, qu'en reste-t-il trente ans après? Eh bien, rien n'a changé du côté de Bernie. C'est toujours un aussi bon roman policier mené de façon aussi fascinante en plein cœur du nid de scorpions, et on le lit toujours avec autant d’intérêt. C'est nous qui avons changé. Son machisme primaire saute aux yeux (je ne l'avais pas vu à l'époque) et dérange. Sa façon de considérer les femmes, toutes, est juste "pas possible"! J'étais un peu consternée en lisant cela, et puis j'ai décidé de m'en réjouir au contraire, moi qui ai l'impression qu'on n'a pas tellement progressé en trente ans, j'ai réalisé que, quand même, si. Les types comme Gunther n'ont plus aucune chance de devenir des héros aujourd’hui, et les héros ne considèrent plus le monde de cette façon lamentable. C'est déjà ça. On avance. J’ai enchaîné avec un Robert Galbraith dont le Cormoran Strike ressemble pas mal à une version moderne de Gunther. Ancien vétéran de guerre, solitaire, costaud, taciturne, détective, affaires pas florissantes, secrétaire etc. mais pour le coup, pas macho. J’accroche bien.

978-2702423615