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05 avril 2026

Il y a longtemps que je t'aime

de Marie Spénale

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‎ 978-2203276505


Quand Marie Spénale dessinait "Heidi au printemps" ou "Wonder Pony", elle ne s’adressait clairement pas au public visé par ce roman graphique pour les grands. Je préfère prévenir les parents distraits. La contrepartie étant qu’autant "Heidi au printemps" et "Wonder Pony" ne m’intéressaient pas, autant celui-ci, oui.

Que dit l'éditeur ?

"Partie en croisière avec Alain, son mari de longue date, Annie se réveille sur une île déserte après un violent naufrage. Malgré ses peurs, elle survit comme elle peut, seule dans la nature. Face à elle-même, elle commence à questionner le rôle qu'elle s'est assigné dans sa propre vie, et celui qu'elle a laissé son mari jouer. Qui est-elle vraiment, de quoi a-t-elle vraiment envie ? La rencontre inattendue avec un indigène, loin des conventions sociales, va accentuer sa découverte d'elle-même et lui permettre de réinventer son désir."

Ce qui n'est pas assez souligné, je trouve dans cette présentation, c’est qu’Annie commence à être âgée et cela a de l’importance pour la sagacité du regard qu’elle porte sur sa vie sentimentale et sexuelle et pour le type de questions qu'elle se pose. Son âge n’est d’ailleurs pas clair dès le début, la femme qui fait naufrage a les cheveux bruns et les traits peu marqués, au fil des mois de sa vie de naufragée, cheveux blancs et rides du naturel reprendront leurs droits. Et peu à peu, on passe d’un être d’apparence, conditionné par son milieu social à un être bien obligé d’être naturel et à qui cela permettra de faire le tri et découvrir ce qu’elle est et pense vraiment.

Au départ, Annie est bien désemparée sans son mari pour lui dire quoi faire et prendre les décisions, mais il a bien fallu qu’elle cesse de compter sur quelqu’un d’autre et qu’elle se débrouille. Trouver de l’eau, de la nourriture, construire un abri. Le séjour dure… et voilà qu’elle découvre un jour qu’il y a un autre habitant dans l’île, un homme jeune, aussi seul qu’elle mais qui semble consacrer tout son temps à jouir du soleil, des fruits délicieux et du farniente. Ils se rencontrent, se découvrent… et plus.

Tout ce long épisode de robinsonnade est pour Annie, une période de profonde réflexion sur son couple, ses relations de dépendance et de domination avec son mari, sa propre responsabilité dans cet état de choses et les appétits muselés de son corps et de son cœur. Réflexions plus profondes et intéressantes que ne le laisse craindre la sommaire quatrième de couverture (pour info Goldman a bien mieux parlé sur le sujet). Même si Annie ne se voit peut-être pas tout à fait elle-même ; mais c’est souvent le cas.

Un album très intéressant en tout cas.

Avec tout ça je ne vous ai pas parlé du graphisme vraiment travaillé et qui emporte l'adhésion à certains moments et moins à d'autres. Je n'ai pas parlé non plus du peps de la gamme fluo choisie, mais il y est aussi, et ce n’est pas rien.