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19 juillet 2026

Si ça saigne 

de Stephen King 

****

978-2253107002


Recueil de 4 nouvelles assez longues faisant appel au fantastique. On est en plein dans la veine classique de Stephen King où le réalisme le plus clair est biaisé par une touche - ou devrais-je dire un soupçon- de fantastique pour un résultat... disons, généralement un peu différent de celui attendu.

LE TELEPHONE DE Mr HARRIGAN : Un jeune garçon s'attache à un vieux voisin qui le lui rend bien. De là à glisser un téléphone dans son cercueil, il n'y a qu'un pas, mais a-t-il eu raison de le franchir?

LA VIE DE CHUCK : Amadou Hampaté Bâ l'avait déjà dit il y a environ cent ans: "Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle".  Chaque être est un cosmos, le centre d'un univers aux nombreuses planètes et aux microscopiques détails. Quand il s’affaiblit, ce monde peu à peu s'affaiblit et s'estompe. Quand il meurt, son monde s'efface complètement. Beaucoup de choses sont perdues. Quand vous lirez cette nouvelle, vous comprendrez pourquoi je vous dis cela.

SI CA SAIGNE : addenda au roman "L'outsider". nous retrouvons Holly, la détective préférée de King. Elle n'est que dans cette nouvelle. Pas dans les quatre du recueil. Elle affronte un monstre sanguinaire avec un énorme courage, d'accord, mais, je dirais aussi, avec beaucoup de chance. Ce n'est pas sa meilleure aventure.

LE RAT : Un écrivain n'arrive pas à écrire, déchiré qu'il est par ses propres pinailleries sur le choix de chaque mot, et cela le rend fou. Il a déjà eu un épisode de pur délire durant lequel il a essayé de mettre le feu à sa maison et a beaucoup effrayé femme et enfants. Depuis, il est calmé, mais il n'a plus d'inspiration et puis d'un coup, une idée géniale l'inspire soudain. A la grande inquiétude de femme et amis, il décide de se retirer dans une cabane isolée pour se livrer entièrement à cette inspiration puissante et écrire. Mais s'il faisait une nouvelle crise?

Cette chronique ne va pas être plus longue parce que je ne peux pas trop raconter les nouvelles au risque de les déflorer, de leur faire perdre de leur sel. Vous ne me le pardonneriez pas, et vous auriez raison. Normalement je compense en parlant de l'auteur, mais là... Stephen King, tout le monde le connait. Que pourrais-je vous dire de neuf? Ah, si, peut-être. "Si ça saigne", la nouvelle éponyme, n'est pas seulement une prolongation de "L'outsider", elle est aussi un évènement évoqué plusieurs fois dans "Ne jamais trembler" et franchement, quand je l'ai lu, j'ai regretté de ne pas avoir commencé par celle-ci. Donc, la progression idéale serait de lire 1° L'outsider 2° au moins la nouvelle "Si ça saigne" dans le recueil du même nom et enfin, 3° "Ne jamais trembler". Voilà. Au moins, je vous aurais donné un tuyau.

Et ne me demandez pas pourquoi il y a un chat en couverture, je n'en ai pas la moindre idée.


Avec Holly Gibney :

1 - Mr. Mercedes

2 - Carnets noirs

3 - Fin de ronde

4 - L’outsider

5 - Si ça saigne  (la nouvelle)

6 - Holly

7 - Ne jamais trembler


648p  

15 juillet 2026

Slava - T 2 & 3 - Les nouveaux Russes

& Un enfer pour un autre

de Pierre-Henry Gomont

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Après tout le bien que j'avais dit de cette trilogie russe et les cinq étoiles que je lui avais collées, vous deviez bien vous douter que la suite ne tarderait pas à arriver (encore a-t-elle été plusieurs fois reportée pour cause de Pavé à laisser passer). Eh bien je vous rassure tout de suite : je n'ai absolument pas été déçue par la suite. Attention, ne lisez pas la suite avant d'avoir fini le tome 1, je commence par un spoiler à son sujet.


Slava - Tome 2 -

978-2505119821

Toujours dans les années 90 en Russie. Nous avions laissé Lavrine pour mort... eh bien, il ne l'était pas. Il s'en était sorti, pas intégralement, comme vous verrez, mais sorti quand même et c'est le principal. Mais Slava et lui se sont maintenant perdus de vue. Slava, resté à la mine, coule des jours heureux avec Nina et a repris la peinture. Il a même trouvé son mentor.


Nina et Volodia s'occupent de faire tourner la mine et ce n'est pas facile quand deux requins lorgnent sur vous.

Les rebondissements et les sentiments forts sont toujours nombreux. Il y a des luttes, ouvertes ou sournoises (les deux tuent)... Il y a des amis fidèles et des ennemis fort dangereux...

La/e lectrice/teur n'est pas volé/e et fonce sur le tome 3.


Slava - Tome 3 -

978-2505126324

Ce dernier tome prend une profondeur humaine plus grave. Le drame se profile derrière tous les succès qui pourtant s'affichent. Ceux qui savent regarder comprendront peu à peu les mobiles secrets de Lavrine qui confirme l'intelligence et le courage qu'il a toujours manifestés. Un peu moins clownesque et un peu plus poignant que les tomes précédents (et même carrément plus car plusieurs catastrophes surviendront), ce tome 3 tient son lecteur jusqu'au bout pour un final de toute beauté ! Ne sautez pas une ligne jusqu'à la fin de la dernière page.

Cinq étoiles confirmées sur les trois albums et je vais aller regarder ce que la bibliothèque a d'autre de Pierre-Henry Gomont .




11 juillet 2026

Neuf parfaits étrangers 

de Liane Moriarty

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 978-2253079811

J'ai emprunté cet audiolivre parce que je cherchais un pavé et parce que figurez-vous que je n'avais encore rien lu de cette autrice pourtant plutôt connue. J'ai choisi ce titre-là parce que cela se passe dans un centre de remise en forme clos et que j'aime bien les histoires de micro-sociétés. Pour ce qui est de la société, on est dans les classes aisées, voire plus. Nos neufs participants du titre sont des vedettes actuelles ou déclinantes, des gens avec de gros revenus. Ex footballer star, écrivaine à succès déclinante, coach sportif de renom, un couple d'influenceurs etc. Ils sont tous là parce qu'ils sont à un tournant de leur carrière, ou à un âge-tournant, ou à une croisée de chemins où il faut faire un choix pour lequel ils hésitent, ou parce qu'arrivé à un obstacle, ils ne parviennent ni à le passer, ni à le contourner. Il faut qu'ils fassent quelque chose. Mais ils éprouvent aussi le besoin de faire le point sur le passé et de réfléchir à leurs objectifs. C'est tout ça qui leur a donné envie de s'inscrire à cet onéreux stage de développement personnel pour "happy few", réputé pour ses méthodes totalement innovantes. "On en ressort différent de celui/celle qui est entré/e". 

Le "maître d’œuvre" de tout cela est une maîtresse, femme de très fort caractère, ex-scientifique au passé soviétique douloureux, maintenant convaincue d'avoir trouvé La Voie par l’intermédiaire d'un mode de vie hyper sain, et désireuse de diffuser sa méthode... et d'être riche et puissante. 

 Pour commencer, aucune connexion, téléphones et ordinateurs confisqués, alcool et sucre interdits. Portes verrouillées. Voitures "garées ailleurs". Et c'est parti avec les développements et les résultats que nous verrons.

Bien sûr, c'est intéressant, et tout lecteur normalement constitué aura envie de savoir comment tout cela va se terminer. Cependant, j'aurais un net bémol sur la façon dont le roman est "monté" et le suspense activé. Liane Moriarty commence son roman en présentant ses neufs curistes l'un après l'autre pour qu'on les connaisse avant que l'action débute ou dès qu'elle commence. C'est vrai que c'est bien qu'on les connaisse et qu'on cerne un peu leur situation et leurs problèmes. Mais le défaut de cette façon de faire, c'est qu'elle est plan-plan. Au niveau action et tension, il y aurait nettement à redire. Disons que le lecteur est intéressé, mais pas haletant. Chose que j'accepte volontiers d'une œuvre littéraire, mais beaucoup moins d'un thriller. C'est clair et efficace mais pas captivant.

Après ce bémol, je relève tout de même un récit intelligent et quelques réflexions très justes au niveau de la psychologie.

Donc, quatre étoiles, je relirai peut-être cette autrice à l'occasion, mais je ne vais pas sauter dessus, dès mon prochain achat.

672 pages                                  

03 juillet 2026

Le complexe d'Eden Bellwether

de Benjamin Wood

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978-2843049590

Oscar est un simple aide-soignant dans une maison de retraite, ce qui ne l’empêche pas d'être un jeune homme très intelligent et d'une grande valeur morale. Il aurait pu faire des études mais une relation difficile avec son père l'a poussé à devenir autonome financièrement le plus tôt possible. Le conflit entre ces deux-là semble profond mais il ne nous est divulgué que très progressivement et partiellement. Dans son travail, qu'il effectue avec bonté, il s'est particulièrement attaché à un vieillard grognon extrêmement cultivé et les deux hommes aiment parler ensemble. C'est en l'accompagnant un jour hors de la résidence pour rencontrer un vieil ami qu'Oscar fera la connaissance d'un très éminent psychiatre, hélas en phase terminale d'un cancer. Son rôle dans l'histoire sera très important.

Autres personnages importants, Iris et Eden Bellwether. Oscar fait leur connaissance un soir que, se promenant, il est attiré par la musique d'un concert donné en une église par un jeune pianiste à la virtuosité saisissante. Entré pour l'écouter, il rencontrera sa sœur Iris et les deux jeunes gens tomberont rapidement amoureux l'un de l'autre. (ce qui est étonnant, entre un aide-soignant et une riche héritière, mais bon... les romans sont faits pour ça). Iris le présente à son frère qui est un étudiant surdoué en musique et qui se croit doué aussi d'un pouvoir de guérison par la pensée. C'est avant tout un manipulateur de première force et un type avec un énoooorme complexe de supériorité. (Pour faire court, il est tout à fait puant.). Mais Oscar est introduit dans le cercle fermé que ces deux-là forment avec deux autres amis riches étudiants qui forment leur quatuor classique. Eden est vraiment un musicien de génie, mais ce que tous croient également, c'est qu'il a le pouvoir de guérir. Iris cependant, est moins convaincue et s'inquiète car elle commence à douter de la santé mentale de son frère. Elle demande finalement à Oscar de l'aider à réunir des preuves de la folie d'Eden, dans l'idée de le faire hospitaliser et soigner. Voilà la situation... Du moins, jusqu'à ce qu'elle soit elle-même convaincue des pouvoirs surnaturels de son frère et renonce à ce projet.

J'ai failli abandonner très vite car je ne supportais vraiment pas le très infatué Eden Bellwether. La patience d'Oscar à son égard est un peu difficile à croire mais on peut l'attribuer à son amour pour Iris qui elle-même aime son frère, et qu'il ne veut pas choquer. Difficile à croire également son admission facile dans ces milieux riches et bigots pour les parents, riches et intellectuels pour les amis, lui qui est pauvre, athée et sans aucun diplôme. Quand le roman montre de plus en plus Eden en action, la tension monte car le lecteur sent la dangerosité de ses expériences .

Je vous laisse lire la suite si le sujet vous inspire, ce n'est pas un chef-d’œuvre de la littérature, mais ce n'est pas mauvais non plus comme thriller et ça peut vraiment occuper les longues heures de vacances. C'est un très honnête roman de détente. Alors, à votre avis? Don surnaturel ou folie? Et comment tout cela va-t-il tourner? Allez, un indice:

Très mal.


528 pages   

21 juin 2026

Ne jamais trembler

de Stephen King

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978-2226501875

Septième et, pour l’instant, dernier des romans avec Holly Gibney, "Ne jamais trembler" ne décevra pas les aficionados du King et de Holly. Je sais que certains vautours surveillent l’auteur en guettant le moment où ils pourront enfin dire qu’il baisse, mais ce n’est pas encore pour cette fois, ce dernier opus est bien au niveau des autres.

Nous retrouvons Holly, toujours détective privée, bien qu'elle ait un peu vieilli. King ne garde pas son héroïne immuable à travers les aventures, il la laisse vieillir. Je ne sais pas si je ne le regrette pas un peu, mais peu importe, elle est là. "petite femme aux cheveux grisonnant et au sourire discret", "petite femme bien habillée, portant des chaussures confortables. Coiffure élégante mais sobre." Mais ne croyez pas qu'on glisse doucement vers Miss Marple ! On en est loin. Holly est encore plutôt sportive. Mais avec l'âge, elle a troqué la petite prière qui terminait toutes ses journées dans "Holly", par la méditation, plus consensuelle, je suppose.

Son amie Izzy Jaynes, la policière, est en charge d'une enquête effrayante et captivante : un tueur fou assassine des innocents. Il en tuera autant qu'il y avait de jurés au procès qui a condamné un innocent. Il dit qu'il tuera 13 innocents et 1 coupable. Il a commencé. Jayne essaie de l'arrêter et en discute avec Holly dont elle admire les capacités d'observation et de déduction. Holly se passionne volontiers pour l'affaire, mais elle n'a aucun droit de s'en mêler, aussi poursuit-elle ses activités de détective.

Parallèlement, Sista Bessie, la grande chanteuse noire américaine vient donner un concert géant dans la ville, et elle veut rencontrer Barbara, la protégée de Holly, qui a publié des poèmes qu'elle aime énormément.

Encore parallèlement (il y a trois lignes, quatre, même si l'on compte le grand match de foot américain qui va opposer la police aux pompiers), la tournée de conférences de l’écrivaine des droits des femmes Kate McKay passe par la ville. Stephen King a particulièrement réussi le portrait de cette leader à la fois admirable et insupportable, que rien ne peut faire dévier de sa cause. Et justement, un fanatique religieux a juré de la tuer et comme il devient dangereux, Kate décide de prendre une garde du corps, et ce sera... Holly. Mais oui, vous aviez deviné.

Quatre événements énormes à forte charge émotionnelle dans la même zone, deux tueurs fous déjà passés à l'acte mais pas du tout identifiés, une lieutenante de police. King a multiplié les personnages féminins, ils sont tous dominants et il les a particulièrement réussis. Je ne pense pas que ce soit un hasard. Et, en passant, une victime collatérale s'appelle Epstein.

Bref, vous emmenez en même temps, votre lecteur visiter le monde des fanatiques religieux et celui des rescapés d'addictions, vous mettez tout ça ensemble, vous donnez l'impression de secouer mais en fait, vous organisez tout bien. Vous obtenez un peu plus de 500 pages captivantes. Vous servez frais.


Petit détail final : Je tiens à dire que je réprouve que Jaynes ait décidé de ne pas poursuivre celui qui l'a gravement blessée (je ne dis pas qui pour ne pas spoiler). J'ai trouvé que cela relevait de ce formatage que les femmes reçoivent, à l'indulgence pour leurs agresseurs et qui est d'ailleurs vu comme une faiblesse par les "méchants". Pour une fois, je crois qu'ils ont raison. On nous a affaiblies. Il ne faut pas faire ça.


Avec Holly Gibney :

1 - Mr. Mercedes

2 - Carnets noirs

3 - Fin de ronde

4 - L’outsider

5 - Si ça saigne  (la nouvelle)

6 - Holly

7 - Ne jamais trembler


528p. 

05 juin 2026

 Trois hommes, deux chiens et une langouste

Iain Levison

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979-1034906697

Pittsburgh et l'univers de Iain Levison et des tout petits salaires américains dans ce roman noir. Trois amis, la trentaine, végètent à tirer le diable par la queue grâce à des boulots épuisants, mal payés et dont on se fait facilement virer. Le plus heureux serait encore Kevin, qui a monté sa petite affaire de promeneur de chiens de citadins trop occupés. Il ne sera jamais riche, mais au moins, il a une activité saine, pas de patron et des collègues (les chiens) plutôt sympathiques. Mitch travaille dans une grande surface. C'est lui qui remplit les rayons vides en matériel pour voitures et autres. Client névrosés et petits chefs font de sa vie un enfer. Doug travaille dans une cuisine, mais il n'est pas cuisinier. Il se charge des corvées et il passe son temps à imaginer qu'il pourrait choisir et commencer un autre métier, comme pilote par exemple. Il y croit vraiment. Au moins un peu. En attendant, ils croupissent sur le divan devant la télé en buvant des bières et fumant de l'herbe. Mitch et Doug vivent là en coloc, Kevin est marié et même père d'un enfant mais c'est là qu'il se réfugie à chaque fois qu'il peut. Avant de promener des chiens, il était en prison pour avoir fait pousser de l'herbe chez lui... Ils sont tous pauvres, surtout. C'est ce qui les qualifie principalement. Ils essaient d'arrondir un peu les fins de moi avec des combines compliquées et peu rentables... voler une télé, voler une Ferrari...

Et voilà que Doug et Mitch perdent leur boulot ! Evidemment, personne n'a le moindre sou de côté pour voir venir. Le loyer court. C'est l'angoisse ! Surgit une occasion de dealer en plus grand, mais encore faudrait-il avoir le réseau et la clientèle; et voilà que le hasard montre à Kevin un casse possible : un fourgon de banque ! Carrément ! Comme des grands !

Tout est dans la préparation, comme on dit, et déjà, à ce niveau-là, on va voir l’envergure des bonshommes...

Ceux qui aiment Iain Levison ne seront pas perdus, comme je disais en intro, c'est son univers depuis le début, très humain. Les paumés coincés dans leurs vies comme des mouches dans un bocal. C'est drôle parfois. Ça a un intérêt sociologique et psychologique, mais au bout d'un moment, c'est un peu toujours pareil. Ils ont non seulement des vies trop restreintes, mais leurs capacités le sont tout autant et ce n'est pas en comatant sur leur divan à griller leurs derniers neurones que ça risque de s'arranger. Maintenant, pour que cela deviennent à nouveau captivant, il faudrait que l'auteur glisse un surdoué dans sa prochaine bande de loser.


27 mai 2026

Une brune aux yeux bleus

de Charles Exbrayat

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978-2702415467

Trouvé dans une boite à livres. Il va y retourner.


Déborah, fille d’une longue lignée de huguenots extrêmement austères, est une jeune fille de caractère qui n’a que la bible à la bouche (ou du moins ses extraits) et vit dans la montagne cévenole avec toute sa famille sous la coupe d’un patriarche tyran incontesté. Déborah est bergère mais ne craint rien ni personne (hormis dieu) et pour que ce soit clair, le premier chapitre nous la montre "mettre la pâtée" à un candidat violeur. La famille n’a de relation qu’avec le pasteur et, la montagne ne pouvant nourrir tous ses enfants, c’est lui qui se charge de trouver à la ville, des emplois pour les jeunes gens en âge de quitter le nid. Et justement, quand Déborah rentre, à peine essoufflée de son agression, c’est pour apprendre qu’on lui a trouvé une place de bonne à tout faire dans une des meilleures familles huguenotes d’Annecy. Pour elle, c’est la première sortie hors de son village et on ne peut pas dire qu’elle y soit bien préparée. Ses dehors un peu austères, voire rudes, cachent un fond plus rude encore, cependant, j’ai oublié de le préciser, Déborah est d’une beauté à couper le souffle…

Exbrayat joue à fond la carte du comique de situation avec cette pin-up biblique et sectaire jetée dans le vaste monde et se frottant à la "civilisation".


Les "meilleures familles" étant ce qu’elles sont, l’arrivée de Déborah coïncide avec le meurtre sanglant de son doyen très riche mais très avare dont tous espéraient secrètement le décès et l’héritage. Qui a fait le coup ? D’autant que l’affaire se double de la découverte d’un sombre scandale ancillaire avec éviction de la malheureuse (d’où l’embauche en urgence de Déborah) et totale incertitude sur le géniteur. L’inspecteur Plichancourt et son jeune adjoint (coureur invétéré) vont se rendre sur place pour mener l’enquête. Tout peut, et va, arriver.

Du Exbrayat pur jus. Récréatif, drôle (si on prend les choses au second degré comme il se doit) et bien écrit. Exbrayat comme on l'aime, avec ses scènes d'anthologie et ses subjonctifs. Une fin pleine de philosophie et là, j’avais trouvé qui avait fait le coup ! Ouf ! Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé!

    


13 avril 2026

Tout le monde dans ce train est suspect

de Benjamin Stevenson

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978-2264084965

Présentation de l’éditeur :

"Mon histoire est simple : six auteurs de romans policiers sont dans un train. À la fin du trajet, cinq seulement seront encore en vie. Et l'un d'eux aura des menottes aux poignets.

Invité à un festival consacré au roman noir, Ernest Cunningham a pris place à bord d'un train avec cinq autres écrivains. À l'arrivée, on dénombre neuf morts. Entre-temps s'est tenue la plus folle des enquêtes. Car tous les auteurs de romans policiers savent parfaitement comment résoudre les affaires les plus difficiles. Comme ils connaissent tous les recettes du crime parfait."

J'ajouterai que tous les auteurs de romans policiers sont persuadés d'être d'excellents enquêteurs. Que dis-je, excellents ? Je veux dire géniaux, et notre héros n'échappe pas à la règle. Nous retrouvons Ernest Cunningham , écrivain, personnage principal et narrateur du best-seller précédent "Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un". Il est grand temps pour lui d’écrire maintenant un deuxième roman, mais… ça ne vient pas. Heureusement, le voilà invité à se joindre à un festival d’auteurs de romans policiers qui a l’originalité de se dérouler dans un train qui traverse l’Australie de part en part. Il s’y rend avec un autre des personnages du premier roman (mais je ne vous dis pas lequel pour ne pas le spoiler). Il compte mettre à profit cet inspirant voyage pour progresser dans sa production, et ça va être le cas.

On retrouve le ton, le savoir-faire et les ingrédients du précédent roman : un huis-clos puisque tout le monde est coincé dans ce train en marche. Pas d'intervention extérieure possible. Le/la coupable est parmi eux ! On passe un bon moment aussi bien à s'amuser des facéties du récit qu'à tenter sérieusement de découvrir qui a fait le coup. J'ai apprécié le second degré et l'humour. C'est très agréable.

On peut lire "tout le monde dans ce train est suspect" sans avoir lu le premier livre dans la mesure où c’est une histoire complètement différente, mais si c’est possible, il me semble préférable de les lire dans l’ordre pour bien connaître Ernst avant même de commencer celui-là. Il y a un troisième titre qui vient d'arriver, "Toutes les fêtes de Noël commencent par un meurtre" je ne pense pas être capable de résister à la tentation de cette nouvelle petite récréation. Et le quatrième "Lequel de ces dix suspects est le coupable?" sortira en juin 2026. Je sens que Benjamin Stevenson n'est pas du tout disposé à lâcher le filon (dans tous les sens du terme), et pour l'instant, je m'en réjouis.


09 avril 2026

Plus noir que noir

de Stephen King

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978-2226493101

Titre original "You Like It Darker "

Dernier recueil de nouvelles de Stephen King en date. Elles sont douze, (eh oui, pas treize, mais il paraît que l'édition étasunienne au format poche en contient treize. En sera-t-il de même chez nous ? Encore un suspens). C'est vraiment un bouquet hétéroclite que le Maître nous offre-là. Il y a du court et du long, et même parfois si long qu'on aurait pu l'éditer seul comme novela (Le mauvais rêve de Danny Coughlin ou Serpents à sonnette), et différents formats intermédiaires. Il y a du tendre et du féroce. Il y a du terrible mais rationnel, mais aussi de l’irrationnel, magique ou même carrément l’intervention de petits hommes verts... Rien n'est impossible.

Ça commence par une nouvelle assez longue : "Deux crapules pleines de talent" où deux amis d'enfance sont devenus subitement célèbres en même temps, l'un comme peintre, l'autre comme romancier, à plus de 40 ans. C'est bizarre, non? Oui, ça l’est.

Les récits qui suivront nous amèneront à nous demander si les maladies mentales sont contagieuses (écran rouge), ou alors, héréditaires ("Willie le Tordu"). Et le courage (Slide inn road )? Le courage ou les troubles psychiatriques sautent parfois une génération. C'est ce que nous découvrons.

Ces récits nous amèneront aussi à nous demander si la poisse existe (Finn), et les dons ? Certains ont ils un don spécial, que ce soit en permanence ou par périodes ?

"La Cinquième Étape" m’a curieusement fait penser à un sketch de Fernand Raynaud où il disait "Si quelqu’un vous demande -Est-ce que tu veux que je te parle franchement ?; Répondez-lui, -Non, non, continue à me parler comme auparavant." Il avait raison. Faut faire attention quand les gens s'épanchent.

Il y a même le classique savant fou (Les Rêveurs) bien réussi. Et le long mais captivant "Mauvais Rêve de Danny Coughlin" m’a fait penser que Danny Coughlin est sûrement un chic type, mais qu’à sa place, je n'aurais rien dit à personne. Parfois, faut savoir se taire dans la vie. Evidemment, s’il l’avait fait, nous n’aurions pas eu d’histoire à dévorer ni cet hallucinant policier flippant, mais réaliste, à détester.

Nous rencontrerons aussi le "Spécialiste des turbulences" qui est une très curieuse histoire assez courte, qu'on ne comprend vraiment qu'à la fin. Idée très originale. C’est peut-être ma préférée du recueil avec "L'Homme aux Réponses", bien qu’il soit difficile de choisir quand les éléments sont si différents.

Et enfin, parce que tout n’est pas que stress dans la vie, King laisse parler son amour des chiens dans Laurie. Parfois, la vie des gens est en danger pour des raisons qui n’ont rien de spectaculaire, et les sauveurs ont quatre pattes…

Coup de patte de l'artiste, l'auteur nous offre même un clin d’œil appuyé à Cujo. C'est dans "Serpents à sonnette", et pourtant, il n'y a pas de chien dans cette histoire-là.

Le grand art de King, c'est toujours son talent pour donner vie à ses personnages. Ils sont vraiment là. Réels. On y croit, ils ont chair, âme (tordue ou droite) et épaisseur. Il n'y a pas que les histoires (fabuleuses), chez King. J'attribue 50% de la valeur de ses récits à sa capacité à donner vie à des personnages auxquels on croit. Quand l'histoire est terminée et le livre fermé, on a l'impression qu'ils sont toujours là (les survivants du moins) à poursuivre leur existence dans leur monde. C'est ça qui fait de lui un grand.

Conclusion, un échantillonnage très varié des différentes facettes du King qui montre qu’il a encore bien des idées. Pas un super chef-d’œuvre, mais à mon avis, les recueils de nouvelles ne le sont jamais. Cependant les aficionados y trouveront bien leur compte.


624 pages   


01 avril 2026

Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un

de Benjamin Stevenson

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978-2264083241

Merci à mes amies/is blogueuses/eurs littéraires sur les blogs desquels j’ai repéré cet ouvrage assez répandu. Je leur dois une vraiment excellente récréation. Benjamin Stevenson est un Australien qui commence à se faire connaître avec ses best-sellers de whodunit et je n’irai pas jusqu’à dire avec l’éditeur que ça vaut Agatha Christie, mais c’est tout de même très bien fait, et je me suis retrouvée à éteindre la lampe de chevet à des heures pas possibles parce que je n’arrivais pas à interrompre ma lecture, et franchement, cela fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. C’est pourquoi, je lui colle 5 étoiles.

Bien sûr, il y a des défauts, beaucoup même. C’est vrai qu’il y a beaucoup de personnages. Je conseille de prendre quelques notes au début parce qu’après on bascule sur l’un ou l’autre sans rappeler qui ils sont. Je me suis fait un petit arbre généalogique de la famille Cunningham et il m’a bien simplifié la vie, un simple coup d’œil me remettait en situation.

C’est vrai que le style n’est pas vraiment magnifique (bien que le narrateur se présente comme écrivain), mais pour un polar… ça va.

C’est vrai que cette manie qu’il a de faire des apartés et d’annoncer à l’avance ce qui va arriver est plus agaçante qu’autre chose. Je me rends bien compte que c’est pour titiller le lecteur et maintenir son attention en éveil, mais mon attention est déjà en éveil, ça va, merci, et j’ai horreur des grosses ficelles de la manipulation. Ainsi quand dès le prologue, il annonce toutes les pages dans lesquelles on découvrira un cadavre (et il va y en avoir un paquet), je ne sais pas si, avant ou après lecture, vous êtes allé vérifier, mais moi, j’ai préféré sauter le passage. Ça ne m’intéresse pas du tout de savoir ça. Les dix commandements de Ronald Knox affichés en en-tête et auxquels un roman policier ne doit jamais déroger, je les connaissais, et je ne les ai pas relues parce que je me fiche un peu que cela déroge ou non, du moment que je suis scotchée. Mais bon, Stevenson, en apprenti écrivain, y tenait.

Ceci posé, et déploré, reste qu’un gros whodunit dans un hôtel en pleine montagne !! ! C’est imparable. Qui pourrait résister ? Pas moi, en tout cas.

Ce que j’ai bien aimé aussi, c’est le ton légèrement humoristique du récit, un humour un peu noir, du cynisme parfois. Et voilà que faute de vraie police, notre narrateur, entreprend de démasquer le coupable même si tout le monde n’est pas forcément convaincu de ses capacités à le faire.

"Et croisons les doigts pour qu’il n’y ait pas de vrai meurtrier ici, ou nos vie seront entre les mains d’un écrivain. Je suppose qu’on pourrait le tabasser avec un de vos bouquins.

- Ils n’existent qu’en version numérique ai-je bafouillé avant d’ajouter, d’une voix qui tenait plus du couinement ; je suis autoédité.

- Je vois..."

Alors, tous les membres de la famille Cunningham ont-ils vraiment, oui ou non, déjà tué quelqu’un ? Vous n’allez pas tarder à le savoir, mais vous découvrirez aussi que chez eux, l’amour filial ou fraternel est un peu… spécial.

Quand je lis des avis de lecteurs reprochant à ce roman son manque de vraisemblance et ses explications alambiquées, non, mais sérieux, là? Vous attendez vraiment de ce genre d’ouvrage qu’il soit vraisemblable? C’est vraisemblable quand Miss Marple résout toutes les énigmes en tricotant dans son fauteuil ou quand la police découvre un homme assassiné dans une pièce remplie de pendules qui n'y étaient pas avant ? Et quand on vous raconte comment une guêpe morte trouvée dans un avion explique un crime, ce n’est pas alambiqué? La vraisemblance réelle, ce n’est vraiment pas quelque chose que j’attends. Une cohérence interne suffit.

Pour finir, retournons dans notre hôtel (qu’il vaudrait peut-être mieux quitter au plus vite, d’ailleurs)

"Mais nous étions enchaînés par nos propres égos, nos regrets, notre honte et notre entêtement. Il était temps de ravaler tout ça et de partir. D’autant plus que nous sommes à six chapitres de la fin et que le dénouement approche."

Pour ceux que ça intéresse, j’ai activement cherché qui était coupable et j’étais sûre d’avoir trouvé… mais j’avais tort.

A usage récréatif, je conseille à 100 % et je vais également dévorer les deux autres déjà traduits en français. Et j’ai une Bonne nouvelle : Ce titre et le suivant "Tout le monde dans ce train est suspect" sont déjà sortis en poche ce qui les met chacun à moins de 10€.


18 mars 2026

Week-end chez Alice

de Gilbert Tanugi

***

978-2702409848

Le Masque n° 1593

Alice a invité ses trois amies de collège à passer le week-end chez elle, dans son chalet suisse. Cela fait quarante cinq ans qu’elles ne se sont pas vues, n’ont même pas gardé le contact, pourtant, à l’adolescence, elles ont formé un groupe d’amies très proches, même si Alice était la seule issue d’une famille modeste alors que les trois autres étaient riches. Depuis, chacune a fait sa vie, les trois amies d’Alice ont épousé un leader révolutionnaire, un multimillionnaire, un charismatique pasteur célèbre. Alice n’a épousé personne. Comme si elle n’avait plus aimé depuis qu’une mauvaise plaisanterie de ses amies lui avait fait perdre son amour de collège…

Mais voilà qu’après ces décennies, Alice a envoyé ces trois invitations inattendues et que toutes sont venues, peut-être grâce à une petite phrase sibylline qu’elle a glissée dans chacune…

Alice les reçoit royalement, repas gastronomiques, thés et petits gâteaux, mais l’ambiance est lourde et tendue, les invitées semblent craindre une menace mais si imprécise… qu’elles ne sont même pas sûre que cette menace existe.

Mais elle existe bel et bien et tout va mal se passer, comme vous vous en doutez bien.

Oui, vous vous en doutez bien et c’est ce que je reproche à ce petit polar peu original et quelque peu sans chair. La mécanique est précise et fonctionne, mais l'épaisseur psychologique et le supplément d'âme manquent sérieusement. Alice aurait consacré sa vie à se venger de la perte d’un amour qui a aucun moment ne prend vie, ni ne montre son ampleur, fautes de détails. On ne sait même pas très précisément ce qui s’est finalement passé. De même, les quatre personnages que nous voyons s’activer là ne m’ont jamais semblé très réalistes. Il y a plein de pièges et de chausse-trappes. Ces dames savent manier ces armes-là. Le combat a beau être feutré, il n’en est pas moins féroce. Qui gagnera à la fin?

Bilan : Gilbert Tanugi qui était aussi scénariste, a su nous faire un petit polar enlevé qui se lit bien et sans temps morts, mais pas d’une grande originalité, sans personnage auquel le lecteur s’attache et sans vraisemblance. C’est correct mais je ne vais pas le garder parmi mes auteurs prioritaires dans ma pêche aux Masque bien qu'il y ait publié plusieurs titres.


14 mars 2026

Le puits, la corde et le seau

de Paul Vance

Paul Andréota

****

‎ 978-2702405895

Le Masque n° 1467

J’ai décidé d’aller pêcher un peu dans la Collection Le Masque, excellente collection de romans policiers, qui a cessé de vivre il y a une quinzaine d’année. Je le fais parce que j’ai remarqué que le label de cette collection garantit tout de même un niveau de langue satisfaisant et une intrigue au moins correcte (et souvent plus). Donc, allons-y ! Comme je viens de le dire, la collection d'origine ne produit plus depuis 2012 mais sachant qu’elle compte 2540 titres et la saison des vide-greniers arrivant, je pense que je vais avoir l’occasion de m’approvisionner.

Paul Vance, alias Paul Andréota a publié beaucoup de romans et scénarios, mais chez Le Masque, il n’a publié que deux romans, tous deux en 1977. Leur héros récurrent est le Commissaire Baratier,

• Le Puits, la Corde et le Seau

• Échec à l'innocence

Série courtissime donc. N’ayant pas lu le second, je ne sais pas si ce pauvre commissaire s’est fait descendre ou a rencontré quelque autre empêchement majeur, ou si la raison est à chercher ailleurs.

Parlons-en de ce Commissaire Baratier, échantillon primitif de ce qu’on appelle maintenant HPI, il a fait d’abord de très brillantes études, s’est ennuyé dans ses débuts de «belle carrière», a tout plaqué et s’est retrouvé flic, branche qui lui a semblé moins ennuyeuse et où ses capacités intellectuelles lui ont permis de passer concours et échelons hiérarchiques à la vitesse grand V. Il a les cheveux longs, un look plutôt hippy (voir l’époque), étonne ses collègues qui ne raffolent pas de lui, mais a le soutien de sa hiérarchie qui veut bien fermer les yeux sur les détails au vu des résultats. Vous allez me dire, « un flic plutôt sympathique, quoi » Eh bien, pas tant que ça à mes yeux, encore un qui supporte mal le regard du 21èùe siècle. Bien loin de s’en douter lui-même (il se verrait plutôt comme un séducteur cool), notre commissaire est un macho qui va un peu écœurer son lectorat moderne en n’hésitant pas à secouer comme un prunier une témoin qui ne lui répond pas assez vite, ou à passer sa mauvaise humeur sur sa compagne qui s’épuise à le distraire quand il rentre chez lui contrarié. Bref non, Baratier, vous n’avez rien d’un doux philosophe. Il y a un peu d'humour dans certains dialogues, mais ça ne va pas suffire.

Le commissaire et son adjoint, sont chargés de résoudre un mystère inexplicable : le riche mécène d’une secte meurt enseveli par l’effondrement d’une voûte médiévale de son manoir alors qu’il rejoignait le gourou et les autres membres pour la méditation. Pour une raison qui ne m’a pas parue claire, le supérieur de Baratier est persuadé qu’il y a quelque chose de louche dans ce décès, mais impossible de savoir comment l’assassin s’y est pris, si assassin il y a (d’autant que le décès du type n’arrange apparemment personne). Tous les autres membres de la secte étaient réunis dans une même salle un peu éloignée, aucune machinerie ni sabotage n’est visible, ni envisageable, car une clé de voûte faisait tenir la construction de pierre, et tout le monde vous dira que c’est un système qui a fait ses preuves. Voilà notre commissaire envoyé sur place avec son gros QI pour s’assurer qu’il n’y a pas de truc ou comprendre lequel.

Pour tout arranger, Baratier est réellement subjugué par le gourou ! ...

Bilan, ce qui est intéressant dans ce roman, c’est de découvrir le modus operandi. J’ai passé tout mon temps à essayer de deviner comment il avait bien pu faire et non à chercher le coupable. Et tant mieux pour moi d’ailleurs, parce qu’en fin de compte, on découvre que le coupable est X, mais je n'aurais jamais trouvé. C’est du moins l’impression que j’ai eue. Mais le truc pour la voûte, je ne l’avais pas trouvé (bien que je doute de son réalisme) et je ne regrette donc pas ma lecture.

PS : Pour en savoir plus sur Le Masque : Clic








28 février 2026

Poison d'avril

de Louis C. Thomas

****

978-2702415955

Le Masque n° 1780

Pêché dans une boite à livre où j'ai repéré qu'un amateur larguait ses vieux polars au compte-goutte, mais régulièrement, ce petit masque a l'avantage de ne compter que 124 pages, ce qui fait de lui un joli gravillon. Et c'est tout ce qu'il y aura de joli dans cette histoire plutôt moche.

Un homme accompagne une jeune femme qui tient à peine debout jusque dans un bistrot où il l'installe sur une banquette. Le patron qui en a vu d'autres ne s'étonne pas outre mesure mais voilà que le "petit cognac" apporté pour la requinquer, loin d'avoir l'effet escompté, la laisse totalement inconsciente. L'inconnu part chercher un taxi tandis que le patron continue de balayer la sciure. L'inconnu ne revient pas, la femme n'a pas bougé d'un poil. Le patron va voir si elle va bien, mais justement non, elle ne va pas trop bien, étant donné qu'elle est morte. Le patron appelle la police, le roman est lancé.

Ce roman a remporté le pris du Quai des Orfèvres en... 1957 ! Alors, tout ce qui est téléphones portables, ordinateurs, internet sans même parler de l'IA, oubliez. On ira à la cabine téléphonique quand ce n'est pas au Central téléphonique et on prendra le temps que les messages et renseignements s'acheminent d'un point à un autre. On est dans une époque virile de gros flics dans des voitures pétaradantes. L'inspecteur tout fier, roule en R18. Ces messieurs ont en permanence la clope au bec, en intérieur comme en extérieur, et l'apéro à la main. Ces dames essaient de se faire respecter.

Quant à la morte, tout d'abord, on ne sait pas du tout qui elle est. Aucun papier, aucun nom. Puis des noms, elle en aura deux, enfin des prénoms, Monique et Brigitte. Toujours pas de nom. Qui peut-elle bien être ? Et de quoi est-elle morte ? L'inconnu du bistrot, lui, n'a pas de chance, l'inspecteur le connaissait et le reconnaît d'après le portrait robot du patron de bistrot. L'enquête va donc progresser, La troupe des personnages s'agrandit, il y a un docteur, un vieil Anglais excentrique, un asile de fous, un galeriste, un peintre, un nudiste, un escroc, un dealer, de la drogue, une vieille servante... Le train-train, quoi. Tout le monde ment au moins un peu. Le commissaire a du travail. Le pauvre lecteur soupçonne tout et tout le monde, mais ne trouve pas... vers la fin, il est pourtant sûr d'avoir deviné... mais non ! Ce n'était pas ça. Vexant.

Le bouquin jaune va retourner dans une autre boîte à livres.

 124 pages