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27 mai 2026

Une brune aux yeux bleus

de Charles Exbrayat

****

978-2702415467

Trouvé dans une boite à livres. Il va y retourner.


Déborah, fille d’une longue lignée de huguenots extrêmement austères, est une jeune fille de caractère qui n’a que la bible à la bouche (ou du moins ses extraits) et vit dans la montagne cévenole avec toute sa famille sous la coupe d’un patriarche tyran incontesté. Déborah est bergère mais ne craint rien ni personne (hormis dieu) et pour que ce soit clair, le premier chapitre nous la montre "mettre la pâtée" à un candidat violeur. La famille n’a de relation qu’avec le pasteur et, la montagne ne pouvant nourrir tous ses enfants, c’est lui qui se charge de trouver à la ville, des emplois pour les jeunes gens en âge de quitter le nid. Et justement, quand Déborah rentre, à peine essoufflée de son agression, c’est pour apprendre qu’on lui a trouvé une place de bonne à tout faire dans une des meilleures familles huguenotes d’Annecy. Pour elle, c’est la première sortie hors de son village et on ne peut pas dire qu’elle y soit bien préparée. Ses dehors un peu austères, voire rudes, cachent un fond plus rude encore, cependant, j’ai oublié de le préciser, Déborah est d’une beauté à couper le souffle…

Exbrayat joue à fond la carte du comique de situation avec cette pin-up biblique et sectaire jetée dans le vaste monde et se frottant à la "civilisation".


Les "meilleures familles" étant ce qu’elles sont, l’arrivée de Déborah coïncide avec le meurtre sanglant de son doyen très riche mais très avare dont tous espéraient secrètement le décès et l’héritage. Qui a fait le coup ? D’autant que l’affaire se double de la découverte d’un sombre scandale ancillaire avec éviction de la malheureuse (d’où l’embauche en urgence de Déborah) et totale incertitude sur le géniteur. L’inspecteur Plichancourt et son jeune adjoint (coureur invétéré) vont se rendre sur place pour mener l’enquête. Tout peut, et va, arriver.

Du Exbrayat pur jus. Récréatif, drôle (si on prend les choses au second degré comme il se doit) et bien écrit. Exbrayat comme on l'aime, avec ses scènes d'anthologie et ses subjonctifs. Une fin pleine de philosophie et là, j’avais trouvé qui avait fait le coup ! Ouf ! Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé!


25 avril 2025

Les messieurs de Delft

de Charles Exbrayat

**+

978-2702418185


Dans les années 60 à 80, Charles Exbrayat était une célébrité dans le monde du polar. Il a publié une bonne centaines de romans policiers ou d’espionnage, qui plaisaient beaucoup en particulier grâce à leur ton plus ou moins humoristique. Plusieurs sont devenus des films. Certains sont excellents, d’autres un peu moins. Il écrivait au kilomètre. A une époque, j’en ai lu des quantités, puis Exbrayat est passé de mode, remplacé par des concurrents plus modernes, et voilà que l’autre jour, je tombe sur un de ses romans dans une boite à livres ! Il sentait un peu le moisi, ce que je fuis normalement, mais je l’ai pris quand même car j’avais envie de voir comment ce bon vieil Exbrayat avait vieilli. Et me voilà partie à Delft.

Dans cette ville très bourgeoise, le très riche et puissant directeur d’usine Karel Klundert a coutume de régaler régulièrement quelques amis, notables comme lui pour les faire bénéficier des talents de sa très excellente cuisinière. Ces repas sont de notoriété publique et nul ne doute à Delft que les sommets des plaisirs de la table y soient atteints. Mais ce soir-là ne sera pas comme les autres puisque Klundert y reçoit un coup de fil d’une inconnue qui se prétend sa maîtresse et le somme de tenir les engagements qu’il a pris envers elle. Klundert n’a rien d’un coureur et pensant avoir affaire soit à une mauvaise blague, soit à une tentative d’escroquerie, il répond sur le ton de la grosse plaisanterie quand elle menace d’aller se noyer. Le dîner avec ses amis se termine dans les éclats de rire. Seulement voilà, le lendemain, le corps d’une jeune femme est repêché dans le canal. Seulement voilà, voilà, il s’avère qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un meurtre. Notre Karel qui, pour bien faire est sorti seul marcher en ville après le départ de ses amis, est dans de beaux draps, d’autant qu’il s’estime lui même coupable en raison de sa réaction négligente lors de l’appel. Mais que se passe-t-il donc dans cette bonne ville de Delft ?

Alors pour avoir vieilli, certes oui, ça a vieilli, et sérieusement. Des patrons comme Klundert ne feraient pas long feu aujourd’hui, du moins en Europe, mais également toutes les relations sociales, le machisme radical, etc. Le mystère n’est pas très surprenant et l’enquête pas passionnante non plus, si on peut appeler ça une enquête. Bref, un médiocre Exbrayat. Je suis mal tombée et il va vite retourner dans une boîte à livres, mais je ne regrette pas ma visite à Delft, ni ce petit voyage dans le passé qui rappelle tout de même que certaines choses ont évolué. Je retenterai Exbrayat, mais avec un titre plus connu. Peut-être « Une ravissante idiote » qui a donné un film bof bof avec Bardot et Perkins, mais un meilleur roman, ou un opus de la série Imogène car j’en ai gardé un lointain mais plaisant souvenir. Oui, un Imogène, tiens !