Affichage des articles dont le libellé est Trois hommes deux chiens et une langouste. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Trois hommes deux chiens et une langouste. Afficher tous les articles

05 juin 2026

 Trois hommes, deux chiens et une langouste

Iain Levison

****

979-1034906697

Pittsburgh et l'univers de Iain Levison et des tout petits salaires américains dans ce roman noir. Trois amis, la trentaine, végètent à tirer le diable par la queue grâce à des boulots épuisants, mal payés et dont on se fait facilement virer. Le plus heureux serait encore Kevin, qui a monté sa petite affaire de promeneur de chiens de citadins trop occupés. Il ne sera jamais riche, mais au moins, il a une activité saine, pas de patron et des collègues (les chiens) plutôt sympathiques. Mitch travaille dans une grande surface. C'est lui qui remplit les rayons vides en matériel pour voitures et autres. Client névrosés et petits chefs font de sa vie un enfer. Doug travaille dans une cuisine, mais il n'est pas cuisinier. Il se charge des corvées et il passe son temps à imaginer qu'il pourrait choisir et commencer un autre métier, comme pilote par exemple. Il y croit vraiment. Au moins un peu. En attendant, ils croupissent sur le divan devant la télé en buvant des bières et fumant de l'herbe. Mitch et Doug vivent là en coloc, Kevin est marié et même père d'un enfant mais c'est là qu'il se réfugie à chaque fois qu'il peut. Avant de promener des chiens, il était en prison pour avoir fait pousser de l'herbe chez lui... Ils sont tous pauvres, surtout. C'est ce qui les qualifie principalement. Ils essaient d'arrondir un peu les fins de moi avec des combines compliquées et peu rentables... voler un télé, voler une Ferrari...

Et voilà que Doug et Mitch perdent leur boulot ! Evidemment, personne n'a le moindre sou de côté pour voir venir. Le loyer court. C'est l'angoisse ! Surgit une occasion de dealer en plus grand, mais encore faudrait-il avoir le réseau et la clientèle; et voilà que le hasard montre à Kevin un casse possible : un fourgon de banque ! Carrément ! Comme des grands !

Tout est dans la préparation, comme on dit, et déjà, à ce niveau-là, on va voir l’envergure des bonshommes...

Ceux qui aiment Iain Levison ne seront pas perdus, comme je disais en intro, c'est son univers depuis le début, très humain. Les paumés coincés dans leurs vies comme des mouches dans un bocal. C'est drôle parfois. Ça a un intérêt sociologique et psychologique, mais au bout d'un moment, c'est un peu toujours pareil. Ils ont non seulement des vies trop restreintes, mais leurs capacités le sont tout autant et ce n'est pas en comatant sur leur divan à griller leurs derniers neurones que ça risque de s'arranger. Maintenant, pour que cela deviennent à nouveau captivant, il faudrait que l'auteur glisse un surdoué dans sa prochaine bande de loser.