12 août 2026

Un été prodigue

de Barbara Kingsolver

*****

978-2743651190

Vous ne serez pas surpris, ce roman traite comme toujours de thèmes qui sont chers à l'autrice : ici, particulièrement, les femmes, l'écologie et la vie agricole, la place de l'humain dans la nature.

L'action se situe à l'époque actuelle, vers le haut d'une petite montagne des Appalaches où quelques familles de fermiers implantés depuis longtemps, gagnent leur vie grâce à l'agriculture et à l'élevage, d'une façon qui n'a rien d'immuable mais qui au contraire s'adapte d'année en année au marché. La solidarité du village existe et plus encore celle de la famille «Les voisins et la famille n'acceptent pas d'argent.» (de salaire)

Une de ces ferme est occupée par Cole Widener et Lusa, jeune femme de la ville qu'il vient d'épouser et d'installer avec lui dans la ferme familiale dont il est l'héritier. Ses sœurs et leurs familles occupent d'autres fermes alentour. Mais très vite, alors que Lusa fait encore figure d'étrangère, Cole meurt dans un accident. Lusa se retrouve à la tête d'une exploitation agricole, bien ancestral des Widener qu'elle n'aurait pas la force de faire tourner, même si elle avait les connaissances nécessaires. Ils la regardent. L'été arrive.

Plus loin vit Nanie 76 ans, écologiste convaincue et militante, arboricultrice bio célèbre tant pour ses diverses variétés de pommes, toutes succulentes, que pour sa joie de vivre, sa gentillesse et son anticonformisme. Nanie a un vieux voisin qui est tout le contraire d'elle. Ancien professeur d'agriculture sévère et craint, il a gardé ce genre de caractère acariâtre pour cacher la grande tristesse dans laquelle l'a plongé la mort de sa femme il y a déjà longtemps, mais dont il n'arrive pas à se remettre.

La troisième femme, c'est Deanna, femme forte et solitaire, garde forestière et qui veille sur la zone de forêt, plus haut dans la montagne afin d'entretenir les sentiers mais aussi d'éviter le braconnage. Elle adore cette vie solitaire qui lui va comme un gant, et se trouve très bien dans sa petite cabane depuis deux ans. Sa passion, ce sont les coyotes, espèce presque disparue car massacrée par les fermiers, et à laquelle elle a consacré ses études et sa thèse.

Ces 500 pages se lisent sans ennui et sans temps morts si les thèmes de l'autrice vous parlent (comme c'est mon cas). Les personnages expliquent leur vision écologique du monde et donc, si vous ne désirez pas comprendre ces données, vous allez trouver ces passages ennuyeux. Par exempte, vous baillerez quand Nanie expliquera à son voisin, fan des insecticides, comment grâce à ceux-ci, les insectes nuisibles aux récoltes se développent au lieu de diminuer. Mais moi, ça m'a intéressée. Je n'avais jamais pensé à ça. Le voisin non plus, d'ailleurs. Même chose quand Deanna explique pourquoi les coyotes, uniquement vus comme les ennemis des troupeaux, sont en fait nécessaires à l'équilibre naturel de tout l'écosystème. Etc. Les aspects psychologiques, comme le deuil, la perte, les être différents etc. sont eux aussi très bien vus.

L'été est la saison des récoltes et celui-ci, le titre vous l'a annoncé, sera prodigue.

Il faut le dire, plus je lis Barbara Kingsolver, plus je l'aime. 

560 pages     


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaire: