28 février 2026

Poison d'avril

de Louis C. Thomas

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978-2702415955

Le Masque n° 1780

Pêché dans une boite à livre où j'ai repéré qu'un amateur larguait ses vieux polars au compte-goutte, mais régulièrement, ce petit masque a l'avantage de ne compter que 124 pages, ce qui fait de lui un joli gravillon. Et c'est tout ce qu'il y aura de joli dans cette histoire plutôt moche.

Un homme accompagne une jeune femme qui tient à peine debout jusque dans un bistrot où il l'installe sur une banquette. Le patron qui en a vu d'autres ne s'étonne pas outre mesure mais voilà que le "petit cognac" apporté pour la requinquer, loin d'avoir l'effet escompté, la laisse totalement inconsciente. L'inconnu part chercher un taxi tandis que le patron continue de balayer la sciure. L'inconnu ne revient pas, la femme n'a pas bougé d'un poil. Le patron va voir si elle va bien, mais justement non, elle ne va pas trop bien, étant donné qu'elle est morte. Le patron appelle la police, le roman est lancé.

Ce roman a remporté le pris du Quai des Orfèvres en... 1957 ! Alors, tout ce qui est téléphones portables, ordinateurs, internet sans même parler de l'IA, oubliez. On ira à la cabine téléphonique quand ce n'est pas au Central téléphonique et on prendra le temps que les messages et renseignements s'acheminent d'un point à un autre. On est dans une époque virile de gros flics dans des voitures pétaradantes. L'inspecteur tout fier, roule en R18. Ces messieurs ont en permanence la clope au bec, en intérieur comme en extérieur, et l'apéro à la main. Ces dames essaient de se faire respecter.

Quant à la morte, tout d'abord, on ne sait pas du tout qui elle est. Aucun papier, aucun nom. Puis des noms, elle en aura deux, enfin des prénoms, Monique et Brigitte. Toujours pas de nom. Qui peut-elle bien être ? Et de quoi est-elle morte ? L'inconnu du bistrot, lui, n'a pas de chance, l'inspecteur le connaissait et le reconnaît d'après le portrait robot du patron de bistrot. L'enquête va donc progresser, La troupe des personnages s'agrandit, il y a un docteur, un vieil Anglais excentrique, un asile de fous, un galeriste, un peintre, un nudiste, un escroc, un dealer, de la drogue, une vieille servante... Le train-train, quoi. Tout le monde ment au moins un peu. Le commissaire a du travail. Le pauvre lecteur soupçonne tout et tout le monde, mais ne trouve pas... vers la fin, il est pourtant sûr d'avoir deviné... mais non ! Ce n'était pas ça. Vexant.

Le bouquin jaune va retourner dans une autre boîte à livres.

 124 pages

9 commentaires:

  1. J'ai l'impression que c'était plutôt une bonne pêche ce polar un peu vintage.

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    1. Oui. Parce qu'il ne fait que 120 pages, parce que cette ambiance enfumée et alcoolisée aurait eu raison de ma santé sur une plus longue durée :-D

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  2. Carrément vintage, une bonne pioche ! Mais une Renault 18 en 1957, c'est bizarre, cet anachronisme.. ;-)

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    1. Moi aussi j'ai tiqué. D'autant que le roman a été publié en 57 alors je ne voyais pas comment c'était possible. Mais en épluchant un peu mon Masque, j'ai vu que c'était une édition 1985 "Version nouvelle, revue par l'auteur" (indiqué sous le titre intérieur). Eh bien l'auteur a cafouillé. Ca lui apprendra à vouloir corriger le passé :-)

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    2. Si quelqu'un a une version 57, je serais curieuse de savoir quelle voiture avait l'inspecteur. Une 4L?

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  3. Le début était prometteur, mais le coup du policier qui identifie quelqu'un qu'il connaît sur un portrait robot, ça non. Ce genre de hasard n'est pas digne d'un bon polar !
    Je me demande aussi si la mode des pavés en matière de polar n'est pas assez récente, car c'est en effet dans les polars vintages qu'il y a le plus de gravillons

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    1. Tu es trop sévère, c'est un bon petit polar bien ficelé malgré ce coup de pouce au démarrage. :-)

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  4. Je ne connais pas l'auteur, mais cette collection a fait ses preuves :) elle a peut-être vieillie mais reste une valeur sûre pour passer un bon moment avec un polar facile à lire.

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    1. Oui, en général, la collection assure un minimum de qualité de l'intrigue même si les mentalités ont quand même bien changé depuis

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