Houston, Houston, me recevez-vous ?
de James Tiptree Jr.
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978-2381630878
C'est un billet paru sur le blog d' Anna Kronik qui m'a donné envie d'aller voir de plus près ce bref roman. J'espérais l'avoir fini avant la fin des Gravillons de l'hiver, mais le printemps m'a doublée dans le sprint final.
L'auteur, déjà, avait retenu mon attention. Figurez-vous que ce James Tiptree Jr. cache en réalité une identité plus féminine, à savoir Alice Bradley Sheldon. Écrivaine du 20ème siècle, mariée mais attirée en fait par les femmes, elle a beaucoup réfléchi aux questions de genre à une époque où cela ne se faisait pas encore. Pour mieux y réfléchir et nous amener à y réfléchir aussi, elle les a mises en scène dans quelques romans qualifiés de "féministes", dont celui-ci. Et il l'est, effectivement.
On est dans les années 70 (enfin, peut-être). Trois astronautes, bloqués dans leur navette, sont en difficulté dans l'espace. Ils tentent de rejoindre la terre mais, depuis qu'ils ont traversé une tempête solaire, Houston ne répond plus à leurs appels. Le matériel a dû être endommagé...
Ils s’entêtent à lancer des appels, "Houston, Houston, me recevez-vous ?", d'autant que, comme on dit, il n'y a pas de plan B pour rentrer sur terre. Et ils veulent absolument rentrer, Bud pour retrouver les "poulettes", vu qu'il est un tombeur professionnel, Dave pour retrouver son église et sa famille, vu qu’il est un pater familias très investi, Doc pour retrouver son écervelée de femme et ses chères études, et tous pour survivre, vu qu'ils ne peuvent pas rester éternellement dans cette minuscule capsule spatiale.
Et voilà qu'une voix féminine leur répond. Ils ont été repérés par un autre astronef à l'équipage féminin et ça déjà, ils sont incapables de seulement le concevoir, celui qui ne peut même pas prononcer le mot "femme" (trop humain) mais seulement "poule", celui qui ne conçoit qu'une féminité de mère et de ménagère et celui qui n'a même jamais écouté ce que raconte sa charmante épouse, tellement il est sûr que ce ne sont que des futilités. Mais c'est pourtant bien vrai. Obligés de se réfugier dans leur vaisseau spatial, ils doivent bien le constater, tout comme ils sont obligés d'apprendre qu'ils ont fait un bond de 300 ans dans leur futur et qu'entre temps, les terriens ont été presque totalement exterminés par une épidémie. Leur monde s'écroule ! Et ils ne comprennent vraiment rien à celui qu'ils découvrent. Forcément. Ils sont loin d'avoir suffisamment étudié la pensée féminine naturelle...
Et encore, ce n'est pas tout.
Il y a quelques autres mauvaises (pour eux) nouvelles.
La postface de l'auteure est très éclairante. J'ai passé un bon moment dans ce vaisseau spatial et j'ai regardé ces deux mondes interagir avec un intérêt teinté d'amusement. Par contre, le style, problème réel ou traduction, je l'ignore, est très moyen. Je ne compte plus les passages que j'ai dû relire à cause de leur manque de clarté. "La clarté est la politesse des écrivains" disait Jules Renard. Ne l'oublions jamais.

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