Tous
les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un
de
Benjamin Stevenson
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978-2264083241
Merci
à mes amies/is blogueuses/eurs littéraires sur les blogs desquels
j’ai repéré cet ouvrage assez répandu. Je leur dois une vraiment
excellente récréation. Benjamin Stevenson est un Australien qui
commence à se faire connaître avec ses best-sellers de whodunit et
je n’irai pas jusqu’à dire avec l’éditeur que ça vaut Agatha
Christie, mais c’est tout de même très bien fait, et je me suis
retrouvée à éteindre la lampe de chevet à des heures pas
possibles parce que je n’arrivais pas à interrompre ma lecture, et
franchement, cela fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé.
C’est pourquoi, je lui colle 5 étoiles.
Bien
sûr, il y a des défauts, beaucoup même. C’est vrai qu’il y a
beaucoup de personnages. Je conseille de prendre quelques notes au
début parce qu’après on bascule sur l’un ou l’autre sans
rappeler qui ils sont. Je me suis fait un petit arbre généalogique
de la famille Cunningham et il m’a bien simplifié la vie, un
simple coup d’œil me remettait en situation.
C’est
vrai que le style n’est pas vraiment magnifique (bien que le
narrateur se présente comme écrivain), mais pour un polar… ça
va.
C’est
vrai que cette manie qu’il a de faire des apartés et d’annoncer
à l’avance ce qui va arriver est plus agaçante qu’autre chose.
Je me rends bien compte que c’est pour titiller le lecteur et
maintenir son attention en éveil, mais mon attention est déjà en
éveil, ça va, merci, et j’ai horreur des grosses ficelles de la
manipulation. Ainsi quand dès le prologue, il annonce toutes les
pages dans lesquelles on découvrira un cadavre (et il va y en avoir
un paquet), je ne sais pas si, avant ou après lecture, vous êtes
allé vérifier, mais moi, j’ai préféré sauter le passage. Ça ne m’intéresse pas du tout de savoir ça. Les dix commandements de
Ronald Knox affichés en en-tête et auxquels un roman policier ne
doit jamais déroger, je les connaissais, et je ne les ai pas relues
parce que je me fiche un peu que cela déroge ou non, du moment que
je suis scotchée. Mais bon, Stevenson, en apprenti écrivain, y
tenait.
Ceci
posé, et déploré, reste qu’un gros whodunit dans un hôtel en
pleine montagne !! ! C’est imparable. Qui pourrait résister ? Pas
moi, en tout cas.
Ce
que j’ai bien aimé aussi, c’est le ton légèrement humoristique
du récit, un humour un peu noir, du cynisme parfois. Et voilà que
faute de vraie police, notre narrateur, entreprend de démasquer le
coupable même si tout le monde n’est pas forcément convaincu de
ses capacités à le faire.
"Et
croisons les doigts pour qu’il n’y ait pas de vrai meurtrier ici,
ou nos vie seront entre les mains d’un écrivain. Je suppose qu’on
pourrait le tabasser avec un de vos bouquins.
-
Ils n’existent qu’en version numérique ai-je bafouillé avant
d’ajouter, d’une voix qui tenait plus du couinement ; je suis
autoédité.
-
Je vois..."
Alors,
tous les membres de la famille Cunningham ont-ils vraiment, oui ou
non, déjà tué quelqu’un ? Vous n’allez pas tarder à le
savoir, mais vous découvrirez aussi que chez eux, l’amour filial
ou fraternel est un peu… spécial.
Quand
je lis des avis de lecteurs reprochant à ce roman son manque de
vraisemblance et ses explications alambiquées, non, mais sérieux,
là? Vous attendez vraiment de ce genre d’ouvrage qu’il soit
vraisemblable? C’est vraisemblable quand Miss Marple résout
toutes les énigmes en tricotant dans son fauteuil ou quand la police
découvre un homme assassiné dans une pièce remplie de pendules qui
n'y étaient pas avant ? Et quand on vous raconte comment une guêpe
morte trouvée dans un avion explique un crime, ce n’est pas
alambiqué? La vraisemblance réelle, ce n’est vraiment pas
quelque chose que j’attends. Une cohérence interne suffit.
Pour
finir, retournons dans notre hôtel (qu’il vaudrait peut-être
mieux quitter au plus vite, d’ailleurs)
"Mais
nous étions enchaînés par nos propres égos, nos regrets, notre
honte et notre entêtement. Il était temps de ravaler tout ça et de
partir. D’autant plus que nous sommes à six chapitres de la fin et
que le dénouement approche."
Pour
ceux que ça intéresse, j’ai activement cherché qui était
coupable et j’étais sûre d’avoir trouvé… mais j’avais
tort.
A
usage récréatif, je conseille à 100 % et je vais également
dévorer les deux autres déjà traduits en français. Et j’ai une
Bonne nouvelle : Ce titre et le suivant "Tout le monde dans ce
train est suspect" sont déjà sortis en poche ce qui les met
chacun à moins de 10€.