La marque de Raspoutine
Sokal
*****
978-2203335066
Deuxième vraie aventure de
Canardo qui se cale enfin bien fermement dans son personnage de
détective dur à cuire, violent, cynique, mais ayant une éthique.
Il est beaucoup moins déjeté que dans sa première aventure avec le
chien debout où il errait un peu, mais ça y est, voilà, nous avons
notre Canardo. Qui est, comme Jack Palmer, une variation sur le thème
du "Privé". Il a d’ailleurs un peu le même
imperméable, mais le sien n’est jamais fermé. Il a dû remarquer
que ça n’avantageait pas les petits ventres ronds, ce que Palmer
n’a toujours pas vu, ou alors, il s’en fiche.
Un énorme chat sauvage de
Sibérie, Raspoutine, est devenu une espèce de boyard, seigneur
incontesté d’une bande de mercenaires sans scrupules. Il règne en
despote absolu et manifeste un goût marqué pour la cruauté.
Il est vaguement secondé par
une cigogne qui se la joue diva russe et un autre volatile
(perroquet ?) qui lui sert de médecin. Ce sont les seuls qu’il
tolère, mais en fait, il n’écoute personne et n’en fait qu’à
sa tête pour le plus grand malheur des populations sur lesquelles
s’étend son pouvoir.
Ce tyran cache pourtant une
profonde blessure secrète : il n’a pas de descendant. Il en a eu
autrefois après s’être introduit dans un prestigieux élevage de
chats Bleus russes, mais l’éleveur les a tous tués, les
considérant comme des bâtards sans valeur. Il ne s’est jamais
remis de cette perte, d’autant qu’il n’a plus eu ensuite de
chatons. Il se sent vieillir et vit de plus en plus mal la situation.
Aussi, quand il apprend inopinément qu’il y a eu une survivante
parmi ses descendants bleus, il n’a plus qu’une idée en tête,
la retrouver, la faire venir près de lui et lui transmettre un jour
son royaume. Tout ce qu’il sait d’elle, c’est qu’elle se
trouve en Europe.
Or, c’est à Paris qu’elle
se trouve. Elle est magnifique, bleue, avec sur le front les rayures
de son père, la marque de Raspoutine. Elle chante dans un cabaret et
il se trouve que dans ce cabaret, Canardo a ses habitudes. C’est
ainsi qu’il se trouve sur place quand elle est victime d’une
tentative d’assassinat et qu’il intervient, fort heureusement
aidé par un intervenant inattendu…
Excellent volume que ce numéro
2 ! Vraiment, un de mes préférés. Flamboyant, mortel, plein de
dangers et de rebondissements, il s’appuie sur des personnages hors
du commun, excessifs à la russe, tout particulièrement réussis. Le
dessin, mais là, c’est comme toujours, est remarquable. Oui
vraiment ! 5 étoiles sans hésiter une seconde pour cette Marque de
Raspoutine. Adeptes du Canardo, si vous ne l’avez pas, il vous le
faut.
Je découvre par la même
occasion que la série Canardo comprend 25 tomes et que je ne les ai
pas tous. Le dernier tome de la série (Un con en hiver) est paru en
2018.