29 octobre 2025


Un avenir radieux

de Pierre Lemaitre

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978-2702183625


Quel talent ! Mais quel savoir-faire ! Pierre Lemaitre a réussi à me faire lire ce troisième volume alors même que depuis le précédent, je me sens moyennement captivée par les mésaventures de ses héros. Il faut dire que j'ai utilisé la version audio lue par l'auteur. Ça aide. La famille Pelletier, je l'aime bien, avec ses stéréotypes intéressants et ses vies qui se déroulent avec beaucoup de surprises et d'aventures tout en nous faisant visiter du pays, d'autant que l'auteur n'hésite pas à corser les situations, mais quatre gros volumes, un serial killer qui continue à sévir, une sériale harpie toujours impunie, une pauvre Colette à qui on aura vraiment tout fait, Jean, Hélène, François, leur courageux père, leur sainte mère... C'est beaucoup. Aurais-je la force de continuer ?

Ici, l'histoire familiale déjà riche se double d'une palpitante histoire d'espionnage qui nous fera visiter les geôles derrière le rideau de fer. J'ai cru qu'on allait perdre l'un de nos héros, (Lemaitre est capable de cela. Il l'a déjà fait.) Mais très malheureusement, je n'aime pas les histoires d'espionnage. Je ne sais pas pourquoi. Je n'ai jamais réussi à m'y intéresser. Une récente nouvelle tentative avec un Le Carré l'a confirmé en se soldant par une lecture non conclue par un billet, ce qui n'arrive jamais. Bref, celle de Lemaitre valait bien celle de Le Carré, c'est tout ce que je retiendrai.

Comme dans toute bonne tétralogie, il faudra attendre encore un volume avant que tout ne se termine. Ce sera pour l'année prochaine. Si Pierre Lemaitre veut bien encore nous le lire, bien sûr que je serai incapable de résister. S'il faut que je le lise moi-même, c'est moins sûr. J'ai une telle PAL...


Tétralogie : Les Années glorieuses

1. Le Grand Monde

2. Le Silence et la Colère

3. Un avenir radieux

4. Les Belles Promesses, paraîtra en 2026


25 octobre 2025

Dali

Texte de Julie Birmant

Dessins de Clément Oubrerie

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978-2205202762 & 978-2205206210


Tome 1 - Avant Gala

J'avais emprunté cette bande dessinée parce que sachant peu de choses de la biographie de Salvador Dali, j'espérais en sortir moins ignorante. De ce point de vue, j'ai été déçue par ce premier volume qui ne dépasse pas ce que tout le monde sait sur Dali . On n'aura pas de détails supplémentaires. Par exemple : le déjà excentrique Salvador débarque de Figueras à l'école des Beaux Arts de Madrid où il ne connaît personne et d'entrée de jeu, rencontre une bande de trois amis qui se trouvent être Bunuel, Pepín Bello et Federico García Lorca qui l’intègrent immédiatement à leur petit groupe. Bon. C'est bien réducteur mais admettons. Ensuite, peu de choses précises. A chaque fois qu'une précision serait utile, on glisse dans le fantasme, ce qui peut se comprendre avec Dali mais moins avec une biographie. On sent néanmoins que, s'il leur cède volontiers, l'original artiste ne maîtrise pas non plus forcément ses extravagances. Bref, la période madrilène et estudiantine s’achève et nous voilà partis pour Paris, mais ce sera pour le tome 2.


Tome 2 - Gala

Dans le tome 2, Salvador est un jeune adulte, son originalité revendiquée ne parvient plus à cacher totalement les déséquilibres mentaux. Un psychiatre saurait sûrement mettre une étiquette sur leurs différentes manifestations mais ce n'est pas mon cas. En tout cas, Un chien Andalou est écrit, tourné et présenté. Dali rencontre les Surréalistes et a sa première exposition à Paris. Il est toujours puceau et s'il voit du sexe partout et aime choquer avec ses mots et ses représentations, il cache en réalité une vraie panique face aux femmes et une impuissance presque complète. Ce tome deux est un peu moins avare en renseignements biographiques mais sans atteindre à une grande précision. Par exemple, dans le cas de sa première expo, aucune précision sur les œuvres exposées. Pas davantage sur ce qu'il peint à ce moment-là. Idem pour le reste de sa vie. On dirait que Salvador a bien réussi à brouiller les pistes et à se cacher derrière ses mises en scène. Il gambade, saute sur le devant de la scène puis, toujours prêt à s'enfuir, il disparaît. Pusillanime et velléitaire, il n'assume rien. On le croit ici, il est ailleurs. Ajoutez à cela hallucinations et "faux souvenirs"... Mais moi, ce qui m'aurait intéressée, c'est Dali-Peintre et là... pas grand chose.

Je n'ai pas grand reproche à faire au dessin, il y a même des moments où il m'a plu. L'interprétation de Clément Oubrerie a des qualités indéniables. Je salue le travail.

Comme ce tome deux ne va pas plus loin que le laborieux dépucelage du héros (merci Gala), il est très possible que vienne un tome 3, mais très possible aussi que je ne le lise pas. On verra. Mais j'aimerais quand même en apprendre un peu plus sur la genèse de ses œuvres les plus marquantes...

20 octobre 2025

Faillir être flingué

Céline Minard

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 978-2743631741


Reprise d'une chronique de mon ancien site.

V'la qu'je lis des westerns maintenant !

Si on m'avait dit, il y a encore peu de temps que j'allais dévorer un western et m'en régaler, j'aurais bien ri. Je crois que cela me semblait à peu près impossible. J'avais tort.

Me voilà donc au Far-West, entourée de cow-boys et d'Indiens, et même de Chinois, toute une population aux conditions de vie plus que précaires, et pourtant des gens aussi gonflés d'espoir et d'appétit de vivre que méfiants. Et que vont-ils donc faire des maigres atouts qui sont les leurs dans cette partie si rude ?

Céline Minard affiche une parfaite maîtrise de son art qui n'utilise jamais les voies de la facilité. Nous passons toute une première partie de l'ouvrage à découvrir les différents personnages qui l'animeront (et ils sont assez nombreux) chacun est fort et intéressant (première grosse qualité du récit) et chacun se trouve dans une situation qui retient l'attention. Ce sont des gens qui se trouvent dans l'Ouest américain à la fin du 19ème, dans l'espoir de se faire une situation car ils n'ont rien, ou pas grand chose, en dehors de leur courage et de leur volonté qui ne sont pas négligeables. Il y a des «bons» et des «méchants», mais contrairement à un des poncifs (peu vraisemblable d'ailleurs) des films de série B, les Bons ne sont pas d'inoffensifs personnages un peu mous qui savent juste faire pousser des céréales et des enfants. S'ils ont survécu jusque là et ont pu s'installer sur ce territoire jusqu'alors sauvage, c'est bien qu'ils sont aussi coriaces que les Méchants qui les menacent. La lutte sera rude et impitoyable, ici, le héros, "n'ayant rien à perdre, fut prêt à tout gagner largement."

L'auteure ne nous lésine pas les scènes d'anthologie qui réjouissent le lecteur ou l'impressionnent, et lui restent longtemps en mémoire. Ajoutez à cela la si juste psychologie des personnages et leurs qualités humaines, les innombrables rebondissements agencés sur une structure impeccable, les mille moments d'angoisse ou de jubilation, le tout porté par une belle écriture qui sonne juste... Je me suis sentie une lectrice gâtée, comblée !

Céline Minard a écrit des romans de science-fiction, des romans historiques du Moyen-Age ou de la Renaissance, et d'autres types de romans encore, et elle a tout fait bien. Elle sait tout faire. C’est cela, un écrivain. A mon sens du moins. Cela écrit (bien) des histoires que les gens ont plaisir à lire, qui les font trembler, rire, pleurer, réfléchir, espérer et craindre, voir leurs méfiances les plus pessimistes se confirmer et leur fondamentale confiance en l'esprit humain aussi. L'écrivain ne nous parle pas de lui, mais du monde. Il transpose, il veut nous parler de l'humanité et ne raconte pas en ne nous parlant que de lui, ses parents, sa famille, son sexe, son dieu, ses angoisses puériles jamais surmontées. Non, non, il y va franchement, l'écrivain crée des mondes, nous parle de fusées, de papes, de chevaliers, de cow-boys. Il nous doit des histoires, il nous donne des histoires, car l'homme reste toujours cet enfant que les contes aidaient à se construire et à quatre-vingts ans, il marche encore comme ça.

Prouvant qu'elle pouvait tout écrire, C. Minard a prouvé que je pouvais prendre plaisir à toutes les bonnes lectures. Je m'en réjouis.

16 octobre 2025

Les Fauves

Scénario d’ Aurelle Gaillard

Dessin de Francesca Marinelli

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9782344062135


Quatrième de couverture :

"Aïdée, Pénélope et Zora habitent en colocation. Un jour, Aïdée se heurte aux propos machistes de son prof des Beaux-Arts. Elle se confie à Pénélope et Zora. Les jeunes femmes refusent de laisser passer cet incident… Elles taguent leur première vulve chez le professeur. Galvanisées par cette expérience, Aïdée, Pénélope et Zora savent désormais comment réagir face aux comportements machistes. Peu à peu, les vulves fleurissent là où la violence de genre frappe une femme, une sœur, une voisine… "

Comme souvent, une quatrième de couverture qui en dit bien trop sur une histoire que vous préféreriez découvrir comme l’auteur a choisi de vous la raconter, aussi ai-je préféré n’en citer que les premières lignes. J’avais repéré cette BD sortie début 2025 sur un blog ami, mais lequel ?? Je n’arrive pas à le retrouver malgré mes recherches. Si c’est le vôtre, dites-le, nous échangerons nos liens.

C’est l’histoire de trois jeunes femmes, colocataires, qui se heurtent au machisme. Zora est serveuse dans un bar, Pénélope, activiste de toutes les bonnes causes, travaille dans un centre social et Aïdée, élève aux Beaux Arts, subit la ségrégation d’un vieux barbon qui est sûr que les femmes ne peuvent être des artistes. Bref, un soir de trop plein de brimades, elles décident de se défouler sur le mur dudit barbon et cela leur fait beaucoup de bien. Un peu trop même peut-être, car elles y prennent goût et se mettent à taguer de plus en plus, avec moins de discernement et en augmentant inconsidérément la prise de risque. Ce qui devait arriver arrive et tout cela finit par mal tourner. Très mal, même. Comment nos trois aventurières vont-elles se sortir de ce mauvais pas ?


BD très colorée, au dessin plaisant et enlevé qui aborde frontalement plein de problèmes et les met en action. Les filles ne sont pas au-dessus de toute critique (et tant mieux) mais elles luttent et elles se battent bien. Une aventure qui captive et qui montre bien des facettes d’un problème toujours d’actualité et qu’il n’est pas toujours bien vu de dénoncer (paraît qu'on abuse): le machisme, qui est toujours là pourtant, malgré les progrès qui ont été faits.

A lire.


11 octobre 2025

Journal d'un AssaSynth T 3 et T4

Cheval de Troie  & Stratégie de sortie

de Martha Wells

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979-1036000119     979-1036000072


Les articles peuvent contenir des spoilers sur les tomes précédents mais pas sur le tome dont ils parlent, ni les suivants.

Vous savez comment c'est, On se dit « encore un chapitre », puis « encore un tome » et bref, je me retrouve à poursuivre la lecture des aventures de notre robot combattant évadé. J'ai commencé le tome trois en me disant que je ne lirai sans doute pas le 4, puis j'ai lu le 4 persuadée de ne jamais attaquer le 5, d'autant qu'il passe soudain du format « un peu plus de 100 pages » au format « un peu plus de 400 ». Allez savoir pourquoi ! Mais on ne maîtrise pas tout, c'est bien connu et donc, voici :


Tome 3, Cheval de Troie

Une fois libre, il a bien fallu qu'AssaSynth se trouve une "couverture". C'est que la vie est très réglementée et surveillée dans son monde, d'autant qu'il est recherché en tant que "SecUnit séditieuse" à savoir, une machine à tuer hors de tout contrôle et donc très dangereuse. S'il est capturé, il sera mis en pièces détachées et éparpillé. La perspective ne le tente pas. Il compte donc bien ne pas se faire prendre. Grâce à EVE, dans le tome précédent, il a pu changer son apparence physique suffisamment pour que sa silhouette ne soit pas immédiatement repérable dans une foule. Il peut passer pour un humain augmenté, ce qu'il dit être. Il décide cependant de continuer à aider l'équipe de scientifiques du Tome 1 (et en particulier le Docteur Mensah) en cherchant des preuves contre la Compagnie GrayCris qui avait tenté de les tuer. Il parvient à se faire embaucher pour assurer la sécurité et le maintien de l'ordre à bord d'un vaisseau. C'est ainsi qu'il compte se rendre discrètement sur place. Dans cet épisode, il rencontrera un robot androïde « de compagnie », et donc d'un genre bien différent du sien, mais qui lui donnera à réfléchir sur les liens sentimentaux entre humains et robots... Rien n'est simple dans ce domaine, et il le sent bien.


Tome 4, Stratégie de sortie

AssaSynth rentre de sa dernière mission qui a été une réussite et lui a permis d'envoyer au Dr Mensah la preuve des crimes de GrayCris pour apprendre que ce dernier a enlevé le docteur et exige une rançon. Hormis le fait que les scientifiques ne disposent pas de la somme, il est clair que GrayCris compte bien tuer tout le monde de toute façon. Aussi est-ce avec autant de plaisir que de surprise, qu'ils voient revenir notre SecUnit, même si la lutte est bien dangereuse, même pour lui. Cette fois, nous passons longtemps dans une base habitée, ce qui nous permet de voir un peu comment l'on vit dans ce monde. Mais ça reste quand même très parcellaire, Martha Wells ne décrit pas une vraie société. Pas de familles, pas d'enfants, pas de structures sociales, de gouvernements etc. C'est pourquoi, quand j'entends qu'elle a su donner vie à un monde imaginaire puissant... non. On ne peut pas dire ça. Elle sait bien raconter des histoires qui captivent les lecteurs et aussi, et peut-être plus encore, faire régner dans ses récits une ambiance extrêmement plaisante. Mais ça ne va pas au-delà. Cependant, pour l'instant, et alors que j'étais à peu près sûre de ne pas lire le trop gros tome 5 (je n'ai pas que ça à faire!), eh bien, en fin de compte, je crois que je vais continuer encore un peu à suivre notre SecUnit.

07 octobre 2025


Palmer dans le rouge

Une enquête en bord de Médoc

Scénario : René Pétillon

Dessin : Manu Larcenet

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9782205214871

On pensait (et moi la première) que la brillante carrière du fameux détective Jack Palmer avait pris fin en 2013 avec «Palmer en Bretagne», son créateur René Pétillon étant décédé, mais son éditeur lui offre aujourd’hui l’occasion de venir pour un rappel. Grâce à un scenario que Pétillon avait pratiquement terminé, une dernière BD pouvait naître. Mais qui oserait se lancer dans cette aventure? «Grand admirateur du travail de Pétillon, Manu Larcenet a accepté avec enthousiasme de la dessiner avec son propre style.»

Même en retrouvant Palmer, s’il y a quelqu’un que je pensais par contre ne jamais revoir, c’est bien Ange Leoni, que notre détective avait si longuement cherché dans «l’Enquête corse», et pourtant, le revoilà ici dans le Médoc (Mais «limite de Bordelais»!) chez sa cousine et son mari, viticulteurs, producteurs d’un vin qui ne fait pas l’admiration de tous. Mais là n’est pas le problème. Le problème est qu’à la veille d’épouser l’héritier d’un grand vignoble californien, Bénédicte, la fille, a disparu en laissant une lettre indiquant qu’elle ne désirait plus se marier. Cependant, ses parents refusent d’y croire et engagent notre héros pour la retrouver. Or, lors de son enquête, notre brillant détective, n’hésitant pas à payer de sa personne dans les différents chais et foires vinicoles, découvre que la demoiselle venait aussi de démasquer un vin trafiqué.


Alors ? S’était-elle mise en danger ? Fugue volontaire ou disparition inquiétante ? Les parents, le fiancé américain, Palmer et tonton Leoni se mettent en chasse. Ce qui n’ira pas sans quelques accidents (Palmer n’est pas le roi du volant)


ni sans quelques actions violentes, sans parler des passages plus ou moins prolongés au commissariat.

J’appréhendais un peu, comme c’est sans doute toujours le cas quand on se risque à la reprise d’un héros légendaire. Surtout que pour tout dire, je n’adore pas la couverture qui baigne dans le gros rouge, mais bon, elle se justifie. Par contre, je faisais d’emblée assez confiance à Larcenet pour nous faire du bon travail et je n’avais pas tort. Sans chercher à imiter le style Pétillon, il ne l’a pourtant jamais trahi et a remarquablement su redonner vie au digne héritier de Philip Marlowe pour cette «Étude en (gros) rouge».

Et bravo pour le beau jeu de mot final !

*👀Violette l'a lu

04 octobre 2025

Journal d’un AssaSynth T2

de Martha Wells

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9791036000072


 Les articles peuvent contenir des spoilers sur les tomes précédents mais pas sur le tome dont ils parlent, ni les suivants.

Tome 2 : Schémas artificiels

Je précise que les épisodes de la série AssaSynth sont à lire dans l’ordre. Chacun est une histoire complète mais on a néanmoins besoin de comprendre l’évolution du personnage et de la situation, ce qui ne peut se faire qu’en les lisant dans l’ordre. Comme apparemment tous les volumes de la série, la quatrième de couverture n’est en fait que la copie de la première page. Economie d’effort mais au moins, elle ne spoliera pas le livre comme cela arrive de temps en temps.

Donc, notre AssaSynth est officiellement sorti des circuits et n’appartient plus à la compagnie qui le contrôlait dans le premier volume. Une place lui est attribuée dans le monde que nous découvrons au fil de ses aventures, mais tout bien considéré, il préfère opter pour une liberté totale et quitte les fichages de la voie officielle pour une discrète clandestinité. Il dit que c’est parce qu’on n’a pas besoin de lui là où on veut l’envoyer, mais visiblement, le fait qu’il doive aussi avoir un « propriétaire humain » ne lui convient pas non plus, même s’il ne se l’avoue pas clairement. A partir de ce moment, il est recherché mais  parvient tout de même à se faire accepter par un gros vaisseau spatial robot (« bâtiment scientifique d’exploration d’espace profond ») qui quitte justement la station à vide. Ce dernier, dont l’acronyme est EVE est un ordinateur géant qui peut tout faire sans équipage ni aucune intervention humaine. Il s’ennuie parfois un peu et il est donc intéressé par les stock de séries vidéo qu’AssaSynth propose pour payer son voyage. Et c’est parti ! L’évasion de notre SecUnit est réussie. Dans sa nouvelle vie, il désire résoudre l’énigme du gros bug fondateur suite auquel il a perdu la supervision humaine (je ne veux pas donner plus de détails, ce serait spoiler le T1), mais il lui faut aussi gagner sa vie. Il décide de se faire passer pour un simple « spécialiste de la sécurité » et EVE lui trouve une embauche.

Évidemment la mission qu’il acceptera sera pleine d’embûches et ses humains bien fragiles, mais il mènera quand même parallèlement à bien l’enquête sur ses propres affaires. Sacré AssaSynth !

C’est simple, c’est récréatif, on sait d’avance qui va gagner mais pas encore comment, et l’ambiance est saine (ce qui n’est plus si courant) donc, je conseille cette série et je vais de ce pas attaquer le tome 3. Ça me détend. :-)

02 octobre 2025

Journal d’un AssaSynth T1

de Martha Wells

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9782841728992


Tome 1 : Défaillances systèmes

Nous entrons dans la tête d’une SécUnit (unité de sécurité), robot anthropomorphe, ayant des parties musculaires biologiques. Doté d’une force et de capacités d’analyses surhumaines, il est conditionné pour protéger d’une façon illimitée les humains qui louent ses services à la Compagnie à laquelle il appartient. Ce sont de véritables machines à tuer (mais moins que les unités guerriers comme il le reconnaît lui-même). Ils servent de gardes du corps, d’agents de sécurité. S’il est abîmé, il se répare et régénère simplement en séjournant dans son caisson d’entretien. Sauf s’il est mort, bien sûr, mais c’est très difficile de tuer une Secunit. Il est par ailleurs doté d’un Superviseur électronique intégré qui garantit qu’il ne déviera jamais d’un iota des programmes qui lui sont implantés ou téléchargés. Sauf que celui-ci est un peu différent. Suite à un gros bug survenu antérieurement et que nous découvrirons plus tard, il a réussi à débrancher son Superviseur sans que cela se voie. Une fois la chose faite, il a découvert tous les programmes vidéos de distraction dont les humains disposent et il a adoré ça, si bien qu’au lieu de se lancer dans des aventures insensées ou, comme il le dit lui-même, dans un carnage, il a passé ses 35 000 premières heures de liberté à visionner des films, des séries et autres émissions tout en donnant le change et en maintenant une apparence de fonctionnement normal. Il a aussi décidé de se donner un nom, chose qu’il n’avait pas jusque là, et il a choisi AssaSynth.

 Son fonctionnement normal du moment, c’est d’accompagner une petite équipe de techniciens sur une zone minière pour explorer les potentialités du terrain. Simple. Classique. Aussi le fait-il en gardant un œil sur ses séries préférées, allant même jusqu’à ne pas charger les logiciels supplémentaires que sa compagnie lui envoie, pour mieux consacrer ses capacités au visionnage et au stockage de séries comme "Lune sanctuaire", sa préférée aux innombrables épisodes. Seulement voilà qu’à la première sortie, "ses" humains sont attaqués et manquent y rester. Apparemment cette expédition sans histoire déplaît à quelqu’un qui ne reculera devant rien pour la faire échouer. Or une Secunit reste une Secunit et il est viscéralement (si on peut dire) attaché à la protection de ses humains. Notre héros sauve l’équipe et se décide à accorder plus d’attention à l’entreprise en cours.

Premier volume d’une série qui en comporte actuellement 7, cet opus (128 pages) adapté aux ados mais pouvant intéresser aussi des lecteurs plus âgés, est un one shot et on peut s’arrêter là mais il m’a donné envie de lire la suite, d’autant que je l’avais déjà empruntée à la bibliothèque… C’est un peu planplan mais l’ambiance est sympathique. Que va-t-il arriver maintenant à notre Assasynth ?


Ce sont Sunalee , Keisha et Fanja qui m'ont donné l'idée  😉